Le printemps arabe met en péril la saison estivale...

| ladyteruki, le 15/06/2011 à 13h56

L'Union de la Radio et de la Télévision Égyptienne, qui dirige les deux chaînes publiques nationales principales, vient de rompre son contrat avec la société de production Sawt Al Qahira, qui travaillait sur pas moins de 5 projets en vue de la saison du Ramadan, qui commencera au début du mois d'août. La société de production perd ainsi son plus gros client, et risque d'annuler ces 5 séries.
Mais plus grave encore que ces annulations : il y a les pertes financières. Avec un montant global estimé à 50 millions de livres égyptiennes, le dédit de ce contrat risque de faire mettre la clé sous la porte à Sawt Al Qahira.
Les 5 séries concernées sont Nour Mariam ("la nuit de Mariam") avec Nicole Saba et réalisée par Ibrahim Al Shawadi, et dont 15 heures de programme ont déjà été filmées, Aelat Karamat ("la famille Aelat"), écrite par Hassan Youssef et Afaf Shoueib et déjà filmée à hauteur de 10 heures, Lahzat Milad ("le moment de la naissance") par Sabrine et Kamal Abu Raya qui elle aussi a déjà 10 heures toutes prêtes, et pour finir, Tilk Al Laila ("cette nuit-là") de Hussein Fahmi et Dalia Mustafa, dont 9 heures sont déjà prêtes à être diffusée. La série pour enfants Mini Sat est également concernée, mais son avancement est inconnu pour le moment.
Qu'y a-t-il derrière cette rupture de contrat ? Une mini-révolution, si on peut dire : avec les évènements du début de l'année, Union de la Radio et de la Télévision Égyptienne connait des mutations. L'organisme était comme tant d'autres au cœur de systèmes de corruption ; il n'était pas rare par exemple que les séries achetées auprès des maisons de production soient ensuite revendues à l'étranger à 25% de plus que leur valeur d'achat, avec redistribution des bénéfices à la production, vidant les caisses publiques de l'organisation. Voilà donc l'Union de la Radio et de la Télévision Égyptienne dans le rouge, et contrainte progressivement de faire du nettoyage parmi ses hauts fonctionnaires.
Ajoutons que depuis le 25 janvier, la télévision privée est désormais privée de publicité, et donc de revenus, ce qui n'arrange rien car il semble impossible de pouvoir revendre les séries à la concurrence.
L'annulation de ces séries se faisant sans la moindre contrepartie financière, puisque ça n'était pas prévu dans le contrat, le président de Sawt Al Qahira a immédiatement pris les devants afin de réclamer tout de même le dédommagement à hauteur de 10 millions de livres égyptiennes, soit une partie des dépenses déjà engagées. L'Union de la Radio et de la Télévision Égyptienne a une semaine pour y répondre, faute de quoi la production des 5 séries sera définitivement arrêtée, et la saison du Ramadan sera bien vide sur les chaînes publiques égyptiennes... et ailleurs.
Déjà, en raison des bouleversements récents, seul un tiers environ des productions égyptiennes initialement prévues pour cette année allaient voir le jour. L’Égypte produit d'ordinaire une soixantaine de séries par an (dont une cinquantaine au moment du Ramadan), mais ne produira en 2011 que 20 à 25 fictions.
Pour rappel, l’Égypte est l'un des plus gros exportateurs de séries dans les pays de langue arabe pendant la saison du Ramadan.
A lire aussi
Monde
Quand une série se mêle de politique égyptienne
Monde
Audiences marocaines : 2M bat des records
Séries
Ca ne s'arrange pas pour Transporter: The Series
Séries
Séries
Festival de Télévision de Monte Carlo 2011 : c'est le grand jour !
Séries
En direct des studios : Isaiah Mustafa dans Charlie's Angels (2011)
Séries
Festival de Monte-Carlo 2011 : la couverture mise en place sur SeriesLive
Séries
Copyright © 2002-2012 serieslive.com Tous droits réservés