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Degrassi incorpore un personnage transgenre

La nouvelle saison de ce teen show canadien semble décidée à aller toujours plus loin.

Monde - Monde

 | ladyteruki, le 11/08/2010 à 07h59

Voilà trois semaines que Degrassi, nouvelle génération est de retour sur les écrans canadiens sous le nom de Degrassi, puisque son nom est dorénavant écourté. Pour la première fois de son histoire, la série est diffusée non plus sur CTV mais sur MuchMusic (et sur TeenNick aux États-Unis), et a opéré plusieurs changements, notamment en faisant l'acquisition de caméras digitales ou via son format.

En effet, la série est passée en mode quotidien depuis le 19 juillet, pour une commande totale de 48 épisodes ; c'est aussi la première fois que la série est diffusée en parallèle des deux côtés de la frontière, à l'exception de la première semaine.

Mais ce n'est pas la moindre des décisions prises afin de donner un nouvel élan à cette série issue d'une franchise de presque 30 ans. Avec l'introduction de 6 nouveaux personnages cette saison (le générique propose donc maintenant 22 acteurs !), Degrassi renouvelle ses intrigues, et en voilà au moins une qui est totalement inédite : l'un d'entre eux, présenté lors de ses premières scènes, est un transgenre.

Interprété par l'actrice Jordan Todosey (Derek), âgée de 15 ans, qui a subi un véritable relookage, le personnage d'Adam a d'abord été introduit dans les intrigues comme un personnage un peu en retrait, tentant de se faire des amis peu après son arrivée, mais sans qu'aucun indice ne soit donné quant à un quelconque problème d'identité sexuelle. Ce n'est que dans l'épisode du 11 août que les autres élèves de Degrassi apprennent son secret...

Si la série adolescente a toujours su traiter, avant bien d'autres, des sujets délicats comme la grossesse adolescente, l'avortement ou la découverte de l'homosexualité, c'est la première fois qu'elle s'attaque à ce sujet peu courant dans les séries pour adolescents. Mais c'est aussi ce qui a permis à la série de se forger une excellente réputation outre-Atlantique, bien qu'elle reste relativement méconnue sous nos latitudes ; de nombreux acteurs aujourd'hui populaires y ont pourtant fait leurs débuts, à l'instar de Stacey Farber (18 to Life), Shenae Grimes (90210) ou Nina Dobrev (The Vampire Diaries).

Commentaires 

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  1. Par - Le 11/08/2010 à 10h58

    Dans 20 ans, une série françaiser osera peut-être en faire autant... *soupir*
  2. Par - Le 11/08/2010 à 11h32

    J'aime beaucoup cette série, dommage qu'en France elle soit aussi peu diffusée, et constamment les mêmes saison diffusées.
  3. Par - Le 12/08/2010 à 08h41

    Bien sûr que ce serait un progrès, on aurait l'impression de ne plus copier l'Arabie Saoudite, parce que c'est bien beau de faire le procès des cultures statiques, mais quand on l'est soi-même pour cause de catholicisme arriéré ...
  4. Par - Le 11/08/2010 à 13h53

    Pourquoi, ce serait alors un "progrès" ?
  5. Par - Le 12/08/2010 à 15h20

    Parce qu'il faut forcement être catholique et/ou "arriéré" pour penser que la trans-sexualité n'est pas normal, et que c'est encore moins un modèle, un idéal pour nos enfants ?...
  6. Par - Le 12/08/2010 à 15h34

    Je ne pense pas qu'en parler soit en faire un modèle ou un idéal. Aborder ce sujet dans une fiction, c'est refléter les préoccupations d'une partie des jeunes qui se posent des questions à l'adolescence, et explorer des thématiques sur le genre d'une façon général (qu'est-ce qui fait un homme ou une femme ? suis-je forcément l'un ou l'autre ? quel est le comportement qu'on attend d'un homme ou d'une femme ? est-on obligé de se conformer à ces attentes de la part de la société ?).

    Mais surtout, je crois que ce que voulait dire kalio, c'est qu'aborder un sujet difficile comme celui-ci est la preuve qu'une fiction n'est pas figée dans la logique du "ne choquons personne, faisons profil bas" que tant de séries françaises adoptent de peur de se mettre le moindre spectateur à dos. On voit souvent les séries étrangères, notamment américaines ou canadiennes (comme ici) ne pas hésiter au contraire à soulever des sujets polémiques, sans craindre la controverse. C'est une forme de courage artistique qu'on n'a pas dans la plupart des séries françaises.

    Bref, quelles que soient nos convictions sur un sujet donné, il n'y a pas de raison pour qu'une série ne l'aborde pas, au contraire, faire réfléchir sur des sujets périlleux est aussi l'intérêt de la fiction. Lorsqu'on félicite une série pour s'aventurer sur ce genre de chemin, on ne demande à personne de changer d'avis ni dans un sens ni dans l'autre, simplement, provoquer la réflexion peut être une bonne chose. Au moins, c'est après mure réflexion que tu penses ce que tu penses, et pas par réflexe plus ou moins conditionné.
  7. Par - Le 13/08/2010 à 10h55

    Dans ce cas je me pose une question légitime: si ce sujet était traiter d'un point de vue conservateur (ou "arriéré"...) et non normalisateur, est-ce que vous et la critique en général aurait accueilli la nouvelle de la même manière ? Le cas de la puritaine "Secret Life" le montre bien, au-delà de sa piètre qualité d'écriture, le point de vue religieux traditionnel en a fait réagir plus d'un ici comme ailleurs.

    Il peut être, en effet, intéressant de ne pas éviter certain sujets sensibles de peur d'en choquer certains, mais le fait d'en parler ne doit signifier l'aborder sous un angle anti-conservateur, ce qui est malheureusement toujours (ou presque) le cas. Et cet omniprésence d'une certaine opinion laisse inconsciemment penser aux téléspectateurs qu'elle est majoritaire, normale, voire idéale. D'où ma réaction précédente. Ce qui a un effet contraire à l'esprit de réflexion, que l'on pourrait presque assimilé à une tentative de conditionnement pour les plus adeptes de théorie du complot. Ce n'est pas forcement mon cas, mais ce constat me parait indéniable.

    Il suffit pour s'en convaincre de se rendre compte de comment sont considéré, par les critiques de séries notamment, les deux points de vue: le premier est tout à fait correct, il fait "progresser" les mentalités, tandis que le second est puritain, trop dans le passé et pas conforme à "l'air du temps". Une dialectique biaisé qui valorise une opinion plus qu'une autre, donc mauvais pour l'élaboration d'une véritable réflexion, j'espère que vous conviendrez de cela.
  8. Par - Le 13/08/2010 à 13h44

    Débat passionnant en ce qui me concerne. Évoquer des séries comme Secret Life (je pensais aux Anges du Bonheur, aussi) est intéressant. Tout dépend ce qu'on entend par la "critique", car ici, la critique, ce sont simplement des amateurs de fiction télévisée ; il y a forcément une grande part de subjectif dans leur réaction. Les critiques, les vrais, les spécialistes, jugent aussi la façon dont le sujet est traité, et pas le sujet pour le sujet. The Secret Life of the American Teenager ne fait pas vraiment l'unanimité sur l'intérêt de ses intrigues ou la profondeur de ses personnages, c'est le moins qu'on puisse dire ; vous l'avez souligné. Or, beaucoup de séries conservatrices ont pris la fâcheuse tendance de ne faire aucune recherche en ce sens, pour délivrer un propos souvent dénué de subtilité, d'effort ou de recherche. Je regrette souvent cet amalgame, fait dés la création d'une série et pendant une grande partie de sa production. Par sa faute, on assimile "mauvaise série" à "série conservatrice", et c'est vrai que quand on enfonce dans le bec des gens des idées toutes faites et sans nuance, on a peu de chance de provoquer autre chose que des réactions de rejet. En l'occurrence, le peu que j'ai vu de Degrassi (qu'hélas je n'ai pas la chance de suivre) tend à indiquer qu'il y a, au-delà des histoires adolescentes, une recherche d'une certaine forme d'authenticité et de courage dans l'abord des thèmes, sans concession. C'est aussi pour cela que la "critique" accueille peut-être mieux une telle nouvelle, parce que le sujet va être abordé moins en surface. Qui plus est, je le répète : en tant que série pour ados, aborder un des versants de l'exploration de l'identité touche quelque chose dans la population. The Secret Life s'adresse à une telle minorité (les adolescents qui croient en des valeurs conservatrices) que le combat semble perdu d'avance. Statistiquement, la population "progressiste" est bien plus forte chez cette tranche d'âge que la population conservatrice.
    Je me rappelle qu'il y avait eu un débat sur la peine de mort, sur ce même forum, voilà quelques années, lorsque Medium avait fait ses débuts. Certains avaient été choqués parce que l'héroine était pro-peine de mort. Pour autant, ce débat n'a guère dépassé les limites de ce forum d'amateurs de fiction télévisée, et personne ne s'est frappé, dans le milieu professionnel, de l'abord de ce sujet sous un angle conservateur. Devinez quoi ? La qualité du travail exécuté sur la série (pun not intended) n'y est certainement pas étranger.
    Question : si demain, une série avec le sérieux de production et la qualité d'écriture de, disons, Breaking Bad, débarque en étudiant des sujets polémiques sous un angle conservateur, quel sera l'accueil ? Pas bien différent de celui fait à Breaking Bad, à mon avis.<br/><br/><p style="text-align:right">Edité le 13-08-2010 à 13:52:01 par ladyteruki
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