La société de production emblématique de la télévision indienne enregistre des pertes sans précédent.


Les finances de Balaji Telefilms ne vont pas fort : pendant le 2e trimestre 2010, la société de production a perdu 64 millions de roupies (soit plus d'1 million d'euros), alors qu'un an plus tôt, à la même période, elle enregistrait un profit de 23 millions de roupies (37 000 euros). Le problème, c'est qu'en Inde, Balaji Telefilms n'est pas une société de production, c'est LA société de production.
C'est la série Hum Paanch qui permet à la maison de production, en 1995, de se démarquer. La comédie marque le début de 15 ans d'hégémonie sur les petits écrans indiens, incarnés par la productrice Ekta Kapoor, qui lance de nombreux projets visibles sur quasiment toutes les chaînes indiennes. Avec ses gimmicks (la plupart des séries de Balaji ont un titre commençant par la lettre "K", réputée être porte-bonheur pour la productrice) mais aussi ses nombreuses expérimentations pour repousser les limites du soaps indiens, Balaji Telefilms devient incontournable, et s'adresse aussi bien aux familles qu'aux jeunes femmes ou aux adolescents, et propose de nombreuses séries de plusieurs centaines d'épisodes chaque année.
Actuellement, Balaji Telefilms produit 6 séries (dont Tere Liye et la dernière en date, Pyaar Kii Yeh Ek Kahaani, est inspirée par la franchise américaine Twilight), dont la diffusion est répartie sur 3 chaînes différentes (contre 10 séries l'an dernier à la même période) ; la société s'est aussi attaquée à l'industrie du film, où elle a intensifié ses efforts depuis quelques années.
Alors, qu'est-ce qui menace les finances d'une telle entreprise ? Eh bien, la baisse de ses commandes, pour commencer : 159 heures de programmes produits, contre 209 l'an dernier, forcément, ça fait mal, même quand on les facture plus cher. Et puis, la société de production s'est lancée dans les nouveaux médias, notamment la VOD et une plateforme de découverte de talents ; mais son investissement 27 millions de roupies (44 000 euros) est loin d'avoir été rentable pour le moment et la plateforme VOD n'est pas encore fonctionnelle. Enfin, Balaji a lancé la construction d'un nouveau centre de production à Mumbai (couteux et encore en travaux) et a construit un institut à Mumbai avec plusieurs annexes dans différentes régions indiennes, afin de former les talents de demain. Les résultats financiers de telles entreprises s'observent plutôt sur le long terme...
Balaji Telefilms, la tête de gondole de la télévision indienne, va donc devoir serrer les cordons de la bourse. Si une entreprise aussi tentaculaire et importante dans le panorama national devait faire faillite, c'est toute la télévision indienne qui pourrait s'en trouver bouleversée...
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