I - Critique
Luc Besson et sa société de production (EuropaCorp pour ceux qui l'ignorent encore) est un génie. Ou pas. Si l'on peut arguer des chiffres peu reluisants au box office (le film n'est même pas sorti en salle aux États-Unis), ce bon vieux Luc a réussi son pari : on a beaucoup parlé du film. Malheureusement pas de la meilleure des façons. I love you Phillip Morris a beaucoup été catalogué comme un film racontant la vie d'un gay. Or, que Steven (interprété par Jim Carrey) soit gay, hétérosexuel, amateur de poney etc., on s'en moque. Était-il judicieux de créer une polémique ridicule (à laquelle Ewan Mcgregor s'oppose d'ailleurs dans les bonus) en présentant I Love You Phillip Morris comme un film subversif que les puritains américains ont refusé de diffuser ? La réponse est non.
I Love You Phillip Morris, c'est avant tout l'histoire vraie d'un homme, dans les années 1970, qui certes fait son coming out et vit à fond son homosexualité, mais qui est surtout un escroc qui sera prêt à tout pour contenter l'amour de sa vie et pour le voir. Jim Carrey interprète, toujours avec un talent monstre, cet homme qui va multiplier les voyages en prison, les grandes escroqueries à la Arrête moi si tu peux (il est tour à tour policier, avocat, financier d'une grosse boîte...) et qui va voler des millions pour un homme. Cet homme c'est Phillip Morris, que Steven rencontre en prison. Les deux vont tomber amoureux et Steven va monter une arnaque pour le sortir de prison, puis l'y rejoindre etc. etc.
Loin des clichés (même si à un moment Steven s'y enferme mais c'est voulu par les scénaristes), I Love You Phillip Morris est une très bonne comédie romantique durant laquelle on rit beaucoup grâce aux nombreuses situations cocasses (les passages en prison sont un pur délice), et grâce, aussi et surtout, aux deux acteurs principaux. Si Jim Carrey n'est pas une surprise dans son registre, on prend un plaisir fou à regarder Ewan McGregor s'encanailler avec Carrey. Absent des comédies, McGregor s'y montre à l'aise et diablement amusant. On rit beaucoup mais on est aussi profondément ému par cette très belle histoire d'amour. Là aussi les deux acteurs excellent. Leur complicité est palpable et l'émotion n'est jamais très loin pour les spectateurs.
Premier film de John Requa et Glenn Ficarra (qui signent également l'adaptation du livre), I Love You Phillip Morris est une comédie dramatique et romantique de très bonne facture, bien filmée, brillamment écrite et très bien interprété.e Dommage que le buzz fait autour n'ait pas servi ses intérêts. Le blu-ray et le DVD sont là pour rattraper cette erreur.

II - Test blu-ray
Le coffret en un coup d'œil :
- Éditeur: EuropaCorp
- Date de sortie: 16/06/2010
- Format: blu-ray + DVD
- Audio: français et anglais 5.1
- Image: 16/9 HD
- Bonus: oui
A - Esthétisme
- Package : le blu-ray est disposé dans un boîtier bleu classique pour ce format, lui-même glissé dans un fourreau cartonné d'un jaune éclatant. L'illustration du boîtier et du fourreau, identique, n'est autre que l'affiche du film. Je ne sais pas si cette affiche a pu rendre service au film. Les deux acteurs principaux interloquent bien sûr, mais dès lors que l'on a un peu entendu de quoi il retournait, les deux semblent sorties tout droit d'une caricature. Ce qui n'est pas le cas quand on regarde le film. Si le mariage du jaune et du bleu est tout à fait agréable en ce qui concerne le boîtier plastique, on est décidément pas enthousiasmé par cette bande bleu présente sur le fourreau. A l'intérieur du boîtier, le DVD du film est glissé dans une pochette reprenant la même illustration.
- Menus : c'est en toute logique que les menus reprennent le code couleur du package. Dans un cadre jaune et entre coupé par un ciel bleu et nuageux (présent au début et à la fin du film) défilent des extraits du film. L'illustration présente ci-dessus est celle du menu principal du DVD mais à l'exception des différentes rubriques présentes en rang d'oignons sur le menu du blu-ray, ils sont identiques. Accompagné de la chanson récurrente du film, le tout est de très bonne facture et entrainant.
B - Technique
- Audio : le film est proposé dans sa version originale (accompagnée de sous-titres français) ou dans la langue de Molière. Les deux pistes sont équipées d'un son DTS-HD 5.1. Si I Love You Philip Morris n'est pas un film d'une exigence sonore phénoménale, les deux masters sont malgré tout de très bonne qualité et montre une belle amplitude lorsque la bande-son chante à nos oreilles. Celle-ci étant particulièrement appréciable, on aime l'entendre résonner dans les enceintes avant et arrière alors que la frontale diffuse les dialogues, le tout dans un équilibre parfait.
- Image : il n'y a pas grand-chose à dire. Tout comme pour le son, il faut souligner que le film n'est pas d'une grande exigence concernant la qualité de l'image. Attention on ne dénigre pas le travail des deux réalisateurs, simplement ce n'est pas Avatar. Ce qui n'empêche pas EuropaCorp de soigner ce blu-ray en proposant un 16/9 HD au transfert impeccable et sans défaut. On aime tout particulièrement les passages en Floride à la chaude lumière et ceux en prisons où certains plans sont admirables.
C - Bonus
- Making of(~11m40): rien d'intéressant, le bonus est un très long résumé du film qui ne s'intéresse à rien d'autre qu'aux personnages et à raconter l'histoire. Bien sûr il y a toujours les sympathiques interviews et les images du tournage, mais ce n'est pas un making of.
- Interview de Jim Carrey (~4m30): c'est déjà assez court mais si en plus les interviews reprennent la quasi totalité de ce qui a déjà été vu dans le making of, c'est barbant.
- Interview d'Ewan McGregor (~8 minutes) : sérieusement ? Le montage c'est pour les chiens? Ewan McGregor est à peine audible au début, il remet le micro, pose son verre... On oublie le début pour se consacrer à une interview plus intéressante que la précédente, puisque non présente dans le making of.
- Interview de Jon Requa et Glenn Ficarra (~4m50) : l'interview la plus intéressante, mais trop courte, puisqu'on donne enfin la parole aux deux scénaristes et réalisateurs. Dommage qu'on sente trop sur les trois interviews qu'elles n'ont pas été réalisées par l'éditeur mais par une chaîne (la voix de la journaliste semble être celle d'Anne Gaelle Richio).
- Conférence de presse (~3m30): ça pu la vidéo promo tournée pour promouvoir la sortie du film. Carrey fait son chaud mais la conférence est courte, contient beaucoup trop d'extraits et est donc aucunement enrichissante.
- Avant-première (~3 minutes): ah que c'est bien de voir Eric Judor, Valérie Begue et Anthony Kavanagh venir assister à la première du film à Paris... Ah si y a le gros Luc qui s'incruste et arrive à se jeter des fleurs.
III - Conclusion
Cette édition nous laisse un peu sur notre faim. Comme toujours EuropaCorp a extrêmement soigné l'emballage et la qualité technique de son produit, mais côté bonus, s'ils sont bien présents, leur intérêt est relativement inexistant. C'est dommage car pour un premier film, le point de vue des deux réalisateurs aurait été intéressant. On n'imagine pas non plus qu'un film avec Jim Carrey ne puisse faire l'objet d'un bêtisier.
Note : 8.5/10
Par - Le 05/07/2010 à 12h18