Parfois, les thèmes empruntés par les fictions occidentales semblent un peu redondants... alors que le Japon a dans sa manche quelques genres peu usités sous nos latitudes ! Aujourd'hui, menu découverte.
ladyteruki, le 27/10/2009 à 22h14
Petite interrogation rapide avant d'entrer dans le vif du sujet, à main levée : qui a toujours cru que les séries japonaises, c'était ça ?

Ooku, l'autre série où le roi aime bien cuisser de la courtisane.
Ce n'est que partiellement vrai, en fait. Si effectivement les Japonais (et leurs voisins les Chinois et les Coréens, d'ailleurs) ont un goût pour la saga historique, largement abandonnée sous nos latitudes (à l'exception de quelques Tudors par-ci par-là), ce n'est pas le seul genre qui apporterait à votre consommation de séries un assaisonnement nouveau. Et si vous n'avez pratiqué jusque là que la fiction occidentale, vous pourriez bien découvrir un nouveau régime alimentaire...
Voici donc une liste non exhaustive de genres télévisuels que les séries japonaises empruntent fréquemment, voire massivement, et que vous ne trouverez pourtant que de façon très marginale chez les Américains, les Anglais, et autres visages pâles.
1 - La comédie romantique
La recette : Boy meets Girl, mais Boy ne conclura pas avec Girl avant une bonne dizaine d'épisodes. Existe aussi en version Girl meets Boy.
Les ingrédients : telle est la recette immuable, depuis 10 à 15 ans, qui remporte le plus grand succès auprès des spectateurs occidentaux : les deux amoureux qui n'ont rien en commun, mais qui vont finir ensemble tout de même. La comédie romantique est certainement ce qui s'exporte le mieux, et c'est assez naturel : elle ne repose sur aucune particularité culturelle infranchissable, et le public ado en raffole, donc...
Suggestion de présentation :
- Ryoukiteki na Kanojo
- Boku Dake no Madonna
- Proposal Daisakusen
2 - Le parcours sportif
La recette : Hiro est vraiment nul(le) au sport, mais à force de se donner à fond, on pourra en faire un(e) champion(ne)...
Les ingrédients : le Japon a une longue tradition de séries sur le sport ; l'histoire d'amour (encore une) remonte aux JO de Tokyo, qui avaient motivé un élan formidable vis-à-vis de certains sports où les Japonais avaient su se faire remarquer (plus quelques autres, sinon ça fait peu). Où est la poule, où est l'œuf ? Ce genre télévisuel est très alimenté par le genre de manga correspondant : de nombreuses adaptations fleurissent chaque année. Football, volleyball, tennis, basketball... mais aussi évidemment le sport national, le baseball, personne n'y échappe et c'est à se demander s'il existe encore un sport qui n'a pas été porté sur le petit écran. Le bobsleigh, éventuellement ? L'avantage de la série sportive c'est qu'elle motive des valeurs purement nippones : goût de l'effort (le fameux couplet du "si tu fais de ton mieux, tu pourras réaliser tes rêves"), sentiment d'appartenance au groupe (il y a toujours un opposant "étranger" pour tenter de ravir la médaille au héros, et une équipe dont il faut se faire aimer/respecter), espoir (même le plus nul de l'équipe peut arriver à quelque chose)...
Suggestion de présentation :
- 1 Pound no Fukuin (boxe)
- Buzzer Beat (basket)
- Ace wo Nerae! (tennis)

Buzzer Beat ou le mythe du bon à rien qui va réussir à la fin.
3 - Les déboires domestiques
La recette : la famille c'est pas de la tarte... tiens, si je leur en cuisinais une ?
Les ingrédients : au Japon, la relation Endora/Jean-Pierre a toujours suscité des vocations, et dés les débuts de la télévision japonaise, l'exploration des petites zones de turbulence en famille, c'est quasiment un sport national (encore !). Mais il est vrai qu'au Japon, la famille, c'est sacré, donc forcément, on a besoin d'en rire. Aussi n'est-il pas tellement surprenant que ce thème soit présent dans de nombreuses séries, même si le genre est moins employé qu'il y a deux décennies. Les belles-mères, les beaux-frères et belles-sœurs, les enfants cachés... tout y passe, et on n'a pas attendu Brothers & Sisters pour se mettre à table et laver le linge sale en famille, sur le ton de la comédie, ou en tous cas sans prise de tête.
Suggestion de présentation :
- Oishii Gohan
- Tsubasa
- Seigi no Mikata
4 - Le drame larmoyant
La recette : il reste 12 épisodes à vivre à l'héroïne. Variante : un drame horrrrrible se produit et on a 12 épisodes pour affronter puis accepter ce coup du sort.
Les ingrédients : aux États-Unis, on réserve ce genre pitch à Lifetime pour ses téléfilms (qu'on retrouve ensuite sur M6 et TF1 dans l'après-midi). Au Japon, quand on tient une histoire à faire pleurer un sumo, on ne s'en débarrasse pas en à peine 1h30. Noooon, on appuie bien où ça fait mal, pendant une douzaine d'épisodes minimum. Avec une forte propension à passer une bonne partie de ce temps à l'hôpital, dans le coma par exemple, ou infirme, c'est bien aussi infirme. Dans ce cas-là, le pathos est à son maximum, mais en parvenant à n'avoir pas (trop) l'air d'en faire des tonnes. Le drame humain, c'est même l'un des terrains où les dorama sont les plus doués...
Suggestion de présentation :
- 1 Rittoru no Namida
- Kaze no Garden
- Aishiteru ~Kaiyou~

Pleurer devant 1 Rittoru no Namida, un sport national ?
5 - Le matage pour pervers
La recette : vente flash sur les mouchoirs en papier.
Les ingrédients : en Occident, l'érotisme, on prend ça très au sérieux. Si bien que ce n'est plus érotique du tout. Au Japon, on aime bien se marrer tout en salissant les draps. C'est que les Japonais, c'est connu, sont de sacrés fripons, et si des décolletés plongeants, voire quelques petites culottes, peuvent s'en mêler... eh bien la séculaire politesse nippone nous apprend que ça ne se fait pas de refuser. Nostalgiques de Nicky Larson, vous serez gâtés ! Car souvent ces séries oeuvrent sous le couvert d'un humour, bon, pas très fin, je vous l'accorde... mais en tous cas décomplexé.
Suggestion de présentation :
- Shimokita GLORY DAYS
- Cupid no Itazura
- Saru Lock
6 - L'initiation professionnelle
La recette : Hiro entre dans la vie professionnelle, mais n'est vraiment pas fait(e) pour ce job... et pourtant.
Les ingrédients : sur le principe on est très proche de la série sportive. Avec un plus non-négligeable : travailler dur, c'est quand même plus utile à la société que la satisfaction de réaliser son rêve d'être champion de volley de l'archipel. Hôtesse de l'air, restaurateur, avocate, toiletteur pour chien (euh, attendez, pas encore vu de toiletteur, mais ça ne saurait tarder), tout le monde est logé à la même enseigne : un dur métier à assimiler, entrer dans l'âge adulte en même temps que dans la profession, et si possible, un joli uniforme à porter, parce que ça donne un sentiment d'appartenance à la société. Et puis c'est bien seyant, aussi.
Suggestion de présentation :
- Attention Please
- Hokaben
- Real Clothes
Ce qui est magique, c'est que rien n'interdit, bien au contraire, de mélanger deux genres. Le sportif qui tombe amoureux, le drame larmoyant en vase familial clos... C'est aussi ce qui donne l'impression que les fictions japonaises sont abonnées à la romance sirupeuse : quand on peut glisser un couple improbable quelque part, on ne s'en prive pas !

HR, le sitcom japonais. Oui, au singulier.
...Et puis, il y a les genres que justement, la fiction japonaise n'exploite pas. Pas envie, que voulez-vous : ça ne se contrôle pas. Oh, si, une fois de temps en temps, ça arrive ! Évidemment. Mais c'est loin d'être une tendance. Bref, pour les amateurs des genres télévisuels suivants, ce sera régime sec.
Le sitcom :
Tourner une comédie en plateau, devant un public, les Japonais c'est pas trop leur tasse de thé. Tenez-vous bien : le premier sitcom japonais date quand même de 2002... et il n'y en a pas eu des masses depuis lors (personnellement, je n'ai trouvé la trace que d'une seconde tentative, qui fait partie des nouveautés de l'automne 2009). Le problème c'est avant tout que les sitcoms réussis reposent sur les dialogues, et que les Japonais n'ont pas le goût de la réplique taillée au cordeau, la télévision japonaise ne mettant jamais le scénariste ou le dialoguiste au cœur de son système.
La science-fiction :
Alors qu'étrangement, les séries animées se déroulant dans l'espace n'ont jamais été un problème, le Japon renâcle à tourner le moindre space opera. Le genre semble confiné à l'animation, peut-être pour s'éviter le coût des effets spéciaux, puisqu'il est vrai que les rythmes de tournage laissent assez peu de temps pour avoir recours à de la post-production. L'industrie japonaise a plutôt recours au fantastique qu'au paranormal, préférant les dons divers (télépathie, télékinésie...) aux sabres laser.
La série judiciaire :
Bien qu'on trouve des avocats dans quelques séries, voire même qu'on en fasse le sujet d'un dorama de temps à autres, il apparait que jamais une série ne s'attachera à montrer un procès de bout en bout, et encore moins plusieurs procès. Là encore, l'une des raisons en est que cela demande une précision d'écriture qui dépasse largement ce qu'une chaîne demande à ses scénaristes, mais c'est aussi culturel puisqu'évidemment, le Japon est un pays largement moins procédurier que les Etats-Unis.
Voilà, en fait, une bonne raison de varier votre alimentation télévisuelle : il faut manger un peu de tout, en quantités déraisonnables ! Ce que l'Occident ne fait pas ou plus, vous le trouverez ailleurs, et inversement.
Maintenant que tout le monde a l'eau à la bouche, je vous suggère donc de passer à table, et de vous aventurer sur la fiche du groupe "Dorama" pour y découvrir les séries citées, et les autres...
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Par DonkeyKing - Le 28/10/2009 à 17h23
La recette : vente flash sur les mouchoirs en papier""
J'adore ton sens de la formule lol
Sinon encore une fois merci pour ces articles sur d'autres horizons télévisuels.
Par Tyr - Le 29/10/2009 à 09h23
Par @crashb - Le 29/10/2009 à 12h53
"Tomoya, qui est encore puceau, découvre qu'il est atteint d'une maladie extrêmement rare qui ne lui laisse plus droit qu'à 7 relations sexuelles avant de devenir définitivement impuissant. Mais Tomoya, qui est encore puceau, ne veut pas laisser passer ces 7 occasions, et refuse de les dépenser en plaisirs solitaires..."
Hallucinant :D
Par Sirius - Le 29/10/2009 à 13h09
Par @ladyteruki - Le 29/10/2009 à 13h42
Observation d'ailleurs intéressante : quand une série a un pitch coquin, le pilote reste très soft, ça ne se corse en général qu'ensuite, même si on comprend rapidement à quoi on a affaire, le pilote est "safe". Sympa non ?
Par DonkeyKing - Le 29/10/2009 à 16h09
Par Iam Mia - Le 29/10/2009 à 23h17
Mais question un peu idiote, il y en a qui passent par chez nous ou alors il faut trouver des imports et comprendre le japonais ???
Parce que la barrière de la langue et la difficulté de trouver les séries (parce que les imports c'est pas donné...)
Mais en tout cas l'article est amusant et très intéressant...
Même si je sens que je ne vais pas pouvoir voir l'une de ces séries avant un moment...
Par mattlabille - Le 30/10/2009 à 10h25
Par @ladyteruki - Le 30/10/2009 à 10h42
@Iam_mia : hélas la diffusion en France est un gros problème, que ce soit par voie télévisuelle ou en DVD (la série coréenne Damo est sortie directement en DVD sous nos latitudes, c'est plus une exception que la règle). De nouvelles pistes seront données dans un prochain article, donc t'inquiète pas, c'est pas la dernière fois que je donne des exemples de séries à regarder !
@mattlabille : c'était vraiment très intéressant, comme intervention.Edité le 30-10-2009 à 10:44:02 par ladyteruki
Par Nakayomi - Le 30/10/2009 à 17h13
Côté légèrement fantastique (tendance un peu science-fictionnesque... Entre Smallville et ReGenesis pour vaguement tenter de situer la chose), on peut parler de Yasha...
Je pourrais aussi citer RH Plus, avec des vampires, mais c'est du shônen-ai (enfin, ça s'en réclame en tout cas... Mais honnêtement c'est à peine si on le remarque...) et surtout, la série n'a pas beaucoup d'intérêt (à part si on veut voir du bogosse japonais).
Je recommande par contre fortement Long Love Letter sans savoir où vous mettez les pieds... (Ok, je me demande si on peut y voir du fantastique, mais qu'importe)...
Bon, je dois dire que le fantastique n'est pas le genre que j'ai le plus croisé... J'suis un peu frustré aussi de ce côté-là.
Sinon, quand même, un bon article lady qui permet de bien faire le point... Et toujours avec un délicieux sens de la formule.
Par Iam Mia - Le 30/10/2009 à 17h19
je note ça dans un coin...
Si j'ai l'occaz de croisé Yasha j'y jetterai un oeil...
Mais c'est assez surprennant de voir que le genre fantastique soit discret.
Parce qu'il y a pourtant une grande tradition de l'histoire des fantomes et des esprits au Japon (enfin du peu que je connaisse cette culture).
Par Nakayomi - Le 30/10/2009 à 23h37
Disons, que c'est peut-être pas toujours dispo non plus (parce que j'aurai pu citer Shinigami no Balad qui existe aussi en animé -très sympa d'ailleurs- mais pas possible d'aller plus loin que l'épisode 2 pour raisons circonstancielles techniques... Idem du côté de Shigoku Shôjo qui me paraît fort sympathique... Les anglophiles ont plus de chance ici par contre pour profiter de la totalité de la série... Cela dit, je ne sais pas ce que ça vaut...)
Parce que oui, de ce côté-là, ils ont prouvé qu'ils avaient des choses intéressantes (que ce soit en animé, manga, ciné)... Mais bon, je ne suis pas non plus une encyclopédie vivante sur patte comme lady du côté des doramas... Je contribue avec ma modeste connaissance...
Par @ladyteruki - Le 01/11/2009 à 20h34
PS : à l'heure où je vous parle, il y a déjà 100 séries asiatiques fichées sur SeriesLive, ce serait bien le diable si vous ne trouviez pas quelque chose à tenter !
Par @it wasnt me - Le 01/11/2009 à 21h52