François Jadoulle, le 01/10/2008 à 10h30
Frédéric Diefenthal est un acteur qui sait choisir ses projets. On le retrouve actuellement dans la prometteuse série Flics, diffusée par TF1 en France et La Une en Belgique. Rencontre avec un flic pas comme les autres...
Nous avons rencontré Frédéric Diefenthal la semaine dernière, l'acteur était en plein marathon promotionnel à Bruxelles. Entre interviews, enregistrement de l'émission "Hep Taxi!" pour La Deux, et le plateau de l'émission de variété "Bonnie & Clyde", l'acteur n'avait pas vraiment le temps de s'ennuyer...
On a l'impression que vous ne vous reposez jamais, c'est tout le temps comme ça ?
F. D. : C'est par période, c'est vrai que durant l'année... Mais je peux dire que quand je me pose et que je suis en vacances, au soleil moi je suis comme un lézard. Je sais profiter des moments libres mais dès que je reviens à la vie parisienne, qui ne me manque pas d'ailleurs. Quand je suis dans mon Gers natal ou dans ce genre d'endroit que j'affectionne particulièrement, je suis comme quand Dutronc parle de sa Corse : je n'ai pas envie de revenir, je suis bien là.
Est-ce que le tournage de flic était plus difficile qu'un autre ?
Non, je n'aime pas le mot difficile ou éprouvant … Je préfère dire « intense » plutôt. Les tournages sont plus ou moins intenses; il y a des tournages légers, des tournages chiants et des tournages intenses.
Vous jouez des rôles très différents. Emilien de Taxi et votre personnage de Flics ne sont pas du tout le même type de personnage. Où va votre préférence ? Plutôt la comédie ou plutôt vers le plus sombre comme David Nolande ?
Du flic de Taxi au médium malgré lui dans David Nolande à JP comptable homosexuel non-assumé dans Clara Sheller, ils ont un point commun : ce sont des anti-héros. Ils arrivent malgré eux en position de force un moment parce qu'ils n'ont pas le choix, ils sont victimes.
Victimes mais pas loosers…
Oui c'est vrai que c'est rare. Et pour la première fois on me propose et on m'envisage dans cet univers là. C'était d'ailleurs Nicolas (Cuche, le réalisateur, ndlr) qui m'y a vu, même plus au départ qu'Olivier Marchal. J'aurais pu être Constantine qui se rapprochait plus de mes rôles précédents, c'est d'ailleurs le rôle que je devais interpréter. Mais quand je parlais, je focalisais sur Yach. Et un jour, Nicolas m'a dit "J'suis con, j’avais pas vu que c'était toi Yach". Et je ne lui ai pas répondu "Ah bon ?", j'ai dit "Ouais, je veux y aller, je suis prêt" (convaincu, ndlr).
Depuis tout jeune, Frédéric Diefenthal est un amoureux du cinéma. Très vite, il découvre les films plus sombres de Trintignant, Sautet, Piccoli. Fan de Belmondo, pour Bebel, il va aussi découvrir avec surprise Stavisky avec l'acteur dans un registre très différent mais qui le fascinera. "Finalement quand j’arrive dans ce personnage de Yack dans Flics, c’est une projection d’un rêve de gamin, un rêve d'acteur", nous confie-t-il. Mais son enfance, c'est aussi la banlieue...
Vous avez vécu en banlieue, quel était le regard du flic ?
J'ai le regard du gamin qui à un moment est comme tous ces gamins. Mes petits problèmes n'étaient pas très graves, je n'étais pas non plus totalement dans l'abandon et la misère, ça va. J'étais dans le schéma parents qui se déchirent, séparation, élevé avec une mère qui bosse. On se pose des questions, et puis c'est dur pour une mère de gérer tout ça. A un moment je me suis mis en rébellion contre les adultes et ça passe par la mère puisque le père n'était pas là. Faut les aimer les mamans, les respecter parce que c’est dur. Il y a aussi des hommes qui assument cette position mais ils sont plus rares. Des femmes il y en a surement des terribles, mais majoritairement elles sont dignes, elles sont courageuses jusqu'au bout.
A cette âge-là la seule chose qu'on sait du système c'est l'école. On fait des conneries, on se met dans une bande et on va de conneries en conneries. Donc les flics, il m'est arrivé de les voir derrière et de courir devant. Mais rien de grave, je rassure tout le monde.
Les flics de Flics sont loin des policiers traditionnels de TF1...
On est ailleurs, on est chez Marchal tout simplement. C'est vrai que cette chaîne a souvent été diabolisée. Moi je ne diabolise rien, surtout que c'est une chaîne sur laquelle j’ai fait mes premières armes (dans Le juge est une femme, ndlr). J'ai un regard objectif, bien sur il y a des choses qui ne sont pas ma tasse de thé mais le support m'importe peu, c'est le contenu qu'on m'amène et la liberté qu'on me donne qui m'intéressent. Je ne vais pas faire la langue de bois, bien sur qu'on peut être méfiant. La série est passée par des petites turbulences mais ils sont allés au bout. Il y a une nouvelle équipe (à la direction de la fiction de TF1, ndlr) qui a repris le bébé, qui est fier du bébé et qui lui propose le prime-time et qui va à fond dans la promo. On parle toujours du courage dans ce domaine-là pour Canal + et les chaînes du câble, mais on voit que eux (TF1) aussi sont prêts à aller dans ce genre de chose. Il ne faut pas arrêter certaines choses, il faut de la diversité, ne pas formater. Mais c'est aussi grâce aux téléfilms populaires que TF1 a de l'argent et qu'elle peut l'investir dans des fictions plus... (hésitation) moins évidentes, comme Flics. C'est comme un acteur qui va produire un film pour Disney et après faire un film indépendant.
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