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Interview d'Adrian Pasdar de 'Heroes'

K. Davilmar, le 27/06/2007 à 00h00

Heroes arrive ce samedi sur TF1 à 20h50 avec les trois premiers épisodes de la saison 1. Un évènement à ne pas manquer tant la série est réussie. A cette occasion, SeriesLive vous propose une interview d'Adrian Pasdar, qui interprète Nathan Petrelli dans la série. L'interview a été réalisée lors du festival de Monte-Carlo mi-juin 2007.


Adrian Pasdar


L'un de mes rêves récurrents est que je peux voler. Quel est le vôtre ?
J'ai ce rêve depuis l'enfance. C'est vraiment l'un de mes rêves. Et pouvoir le faire à la télé n'a rien à voir là dedans.

Comment êtes vous retrouvez impliqués dans ce projet ?
Ils m'ont envoyé le script, je l'ai lu et j'ai tout de suite pensé que ce serait merveilleux d'en faire partie. J'ai été engagé tout de suite.
On a commencé à tourner très rapidement, mais le plus marrant fut qu'on a dû rapidement participer à des conférences de presse pour la série. Donc après deux jours de tournage, ils me posaient des questions, comme vous êtes en train de le faire, mais je n'en avais aucune idée, je connaissais pas le trailer, ils m'ont demandé de définir le personnage de Nathan Petrelli, je ne savais vraiment pas de quoi je parlais.

Vous avez du perdre du poids pour ce rôle ?
Oui beaucoup.

Pourquoi ?
Eh bien, quand vous êtes à la télé, c'est dur de créer un personnage hors du côté physique. Notre responsabilité en tant qu'acteur est d'être visuellement convaincant, de dire notre texte. Pour l'interprétation du scénario, vous savez, il s'agit du boulot du metteur en scène. Donc votre responsabilité commence et se termine avec la manière que vous présentez et dîtes votre texte.

Est-ce que ce fut dur ?
Oui, j'adore manger. Donc c'est dur mais j'ai réussi à mettre en forme et c'est gratifiant. Maintenant tous mes costumes ont été mesurés et taillés donc je ne peux plus prendre de poids, j'ai tellement dépensé d'argent dans ces costumes.

Quels ont été les changements dans votre vie ?
Quand vous avez des enfants, votre vie change. Je veux faire au mieux pour mes enfants. C'est très excitant d'avoir deux petits garçons, surtout lorsque l'un d'entre eux adore la série. Maman est une rock star, Papa est un acteur, je vois une thérapie dans son futur (rires).


Adrian Pasdar Adrian Pasdar au festival de Monte-Carlo en juin


Pensez-vous que nous avons besoin de ce genre de série de nos jours ?
Je pense qu'il n'y a jamais de mauvais moments pour des séries comme Heroes. Surtout de la seconde guerre mondiale, de nombreux auteurs de bandes dessinées américaines ont créé des surhommes, des héros.
Notre société a besoin de créer ce genre de personnages pour fonctionner. Mais des actes héroïques peuvent être faits par tout le monde, une mère célibataire qui élève sa famille, un pompier qui sauve un enfant, il y a des actes héroïques tous les jours et nous associer avec cela, c'est presque irresponsable, nous sommes seulement une série télé. Mais cela apporte de l'espoir à la fin de la journée. On peut enlever les éléments fantastiques et c'est une série à propos d'amour, de relations familiales, de jusqu'où vous seriez prêts à aller pour protéger ceux que vous aimez. Voilà de quoi parle la série.


//ATTENTION LA PARTIE SUIVANTE CONTIENT DES SPOILERS SUR LA SAISON 1//


Avez vous vu la fin de la première saison ?
Je m'envole et sauve mon frère et ma fille. Je sauve New York mais ce sont des raisons personnelles qui me motivent, c'est un geste désintéressé. C'est noble. C'est sympa de faire partie de quelque chose d'héroïque et qui procure un peu d'espoir aux gens.


//FIN DES SPOILERS SUR LA SAISON 1//


Nathan est un peu un enfoiré au début de la série. Comment définissez-vous votre personnage ?
Mon désir à Hollywood est de jouer des personnages remplis de secrets, quelqu'un en qui vous n'avez pas confiance à 100%, vous l'inviterez à déjeuner à l'extérieur mais pas à dîner chez vous. Je trouve que c'est enrichissant et surtout quand c'est si bien écrit. Jouer la comédie, … c'est marrant car lorsque vous lisez votre texte, vous devez imaginer la scène mais c'est le public qui tranche, vous n'avez pas toujours toutes les réponses, comme dans Lost: les disparus par exemple. Vous savez que dans les quatre derniers épisodes de la troisième saison, qui furent très bons, ils ont été inspirés par ce que nous avons fait dans Heroes. Ils ont été impressionnés et inspirés par nous, ce qui est génial car nous étions également inspirés par eux. Toutes les bonnes séries ont une chose en commun, à part le fait d'avoir une bonne audience, elles essayent d'offrir des histoires qui sont convaincantes, de la bonne télé commence avec un bon scénario, on peut le résumer ainsi. C'est sympa d'arriver sur le plateau de tournage tous les jours, lire le scénario, c'est presque comme regarder la série. Ce que je veux dire c'est que quand j'ai signé pour faire partie de Heroes, je me disais : « On va essayer de rester aussi longtemps qu'on peut ». Mais en fait le personnage de la série meurt, c'est ton boulot, certains restent, d'autres ne font que passer.

Commencez-vous à tourner bientôt la seconde saison ?
Oui dans une semaine (ndlr: l'interview a été faite le 12/06/2007).


//ATTENTION LA PARTIE SUIVANTE CONTIENT DES SPOILERS SUR LA SAISON 1//


Donc vous serez dans la seconde saison ?
Oui.

Et la barbe est pour la 2ème saison ?
Oui. Ma femme n'est pas une grande fan mais heureusement, j'ai la chance d'explorer mon personnage différemment. L'arc de Nathan Petrelli va changer, c'est très inattendu. Personne ne saura d'où ça vient. Au début de la saison 2, cela va vraiment changer la perception du personnage mais aussi celle de son frère, ils vont mettre du temps avant de se retrouver.

Dites-nous peut-être quelque chose... Reverrons-nous Sylar ?
Oui.


// FIN DES SPOILERS SUR LA SAISON 1//


Comment vivez-vous votre célébrité ?
Ma femme est beaucoup plus célèbre, c'est une chanteuse internationale (ndlr: Natalie Maines, chanteuse du group Dixie Chicks). Vous ne savez jamais ce que c'est d'être célèbre si vous ne l'êtes pas vraiment. Je ne suis pas aussi célèbre que certains acteurs. Je suis une célébrité mineure, une star de télé. Mais c'est sympa de pouvoir utiliser sa célébrité de manière positive, lors d'évènements qui peuvent aider les démunis. Lorsque vous l'utilisez pour apporter de l'argent à des associations caritatives, c'est positif.

C'est plus difficile d'aller faire les courses, de marcher dans la rue, mais je pense souvent que les gens ne me reconnaissent pas vraiment. « Est-ce que je vous connais ? » « Je vous ai pas déjà vu à la télé ? » On me le dit souvent. A l'aéroport, lorsque tout le monde attend pour récupérer ses bagages, tous se regardent et parfois certains sortent l'appareil photo discrètement en me voyant (rires).

Votre femme a connu des problèmes récemment lors de concert. Comment l'avez vous vécu ?
(ndlr: La femme d'Adrian Pasdar, Natalie Maines a publiquement critiqué le président Georges W Bush)

C'est très inconfortable pour nous tous, nous étions entourés par le FBI. Ma femme a reçu des menaces de mort. Le FBI et des agents de sécurité campaient 24h/24 dans notre allée. Quand vous commencez à vous habituer au fait que des gens parlent dans leurs moustaches autour de vous, vous savez que quelque chose ne va pas. Nous avons réussi à garder notre sang froid pour les enfants, heureusement ils étaient très jeunes. On a survécu. Mais ça fait peur lorsque quelqu'un vous dit qu'il va abattre votre femme. En juin 2006, lors d'un concert à Dallas, le FBI est présent, elle a chanté un solo sous les projecteurs devant près de 20 000 personnes. Si j'étais un sniper, cela aurait été une parfaite opportunité. Ils voulaient qu'elle porte un casque, des protections mais elle a dit non. C'était génial de l'entendre chanter, j'avais peur pourtant que quelqu'un me prenne ma femme, la mère de mes enfants. Je suis très fière d'elle.

Elle est votre héros…
Oui, mon héros (rires). Elle est juste cette petite blonde qui a donné son avis et a eu des problèmes.


Masi Oka et Adrian Pasdar Adrian Pasdar et Masi Oka au festival Monte-Carlo en juin


Vous avez joué dans Profit, l'une des séries télévisées américaines les plus controversées. Que retenez-vous de cette expérience ?
Tous les rôles sont uniques. Pour moi, cela m'a permis de jouer un psychopathe (rires), quelqu'un qui ne ressemble pas du tout aux personnes travaillant dans les entreprises. On m'a demandé quelles étaient les similarités entre Nathan Petrelli et Jim Profit. J'ai répondu que l'un d'entre eux avait un code moral, était honnête, digne de confiance et je dirais que c'est Jim Profit. Nathan Petrelli est plus liquide, c'est un politicien qui va où l'herbe est plus verte, ses choix politiques sont basés sur des opportunités. Je pense que Jim Profit est anormal, son code moral était seulement un peu différent.

Redéfinir le paysage télévisuel est toujours une bonne idée. Nous le faisons avec Heroes et nous l'avons fait avec Profit où nous avons redéfini ce qui est acceptable ou pas. Les Français ont été très encourageants pour Jim profit. Je me souviens, marchant sur les Champs Elysées, m'arrêtant dans le Virgin megastore, voyant les pochettes DVD de la série Jim profit et des gens venant m'interpeller, ce fut très enrichissant.

Vous êtes très proches de vos parents.
Mon père est un chirurgien esthétique. Mes deux parents sont mes héros. Ils ont été capables d'avoir un rêve étant jeunes et le réaliser. Ma mère est d'origine russe et mon père d'Iran. Ils ont réussi à venir aux États-Unis mon père était déjà chirurgien en Iran, mais quand il arriva en Amérique, ils lui ont annoncé qu'il ne pourrait pas exercer. Il leur a demandé de passer des examens. Il a dû passer des tests pendant une semaine, alors qu'il apprenait encore l'anglais. Ils ont essayé de le piéger mais il a obtenu 100% de réussite. C'est un génie, il m'a beaucoup appris la compassion. Ma mère a dû vivre la Seconde Guerre Mondiale. Son père fut assassiné.

Ce que je veux dire c'est qu'ils ont dû vivre des choses plus durs que moi étant enfant.

Etes vous déjà aller en Iran ?
Oui en 1976, j'ai ressenti un énorme sentiment de compassion et de fierté qu'il partage mais que la plupart des gens ne voient pas.

Pensez vous passer derrière la caméra ?
Oui, j'ai réalisé un film avec un ami et cet automne je vais mettre en scène une comédie musicale dans un théâtre à Los Angeles, Atlanta. C'est une histoire à propos du racisme et d'amour pendant la guerre civile. Je l'ai écrit, ça aurait pu ne jamais se concrétiser, mais une magnifique comédie musicale, une merveilleuse réussite.

Qui m'aurait proposé de réaliser une comédie musicale ? Donc j'en ai écrit une (rires). J'ai également un film qui sortira le printemps prochain avec Katie Maclaine.

Avez vous déjà pensé à réaliser un épisode de Heroes ?
Ce serait beaucoup de travail de réaliser un épisode. A part si je ne suis plus dans la série, si mon personnage meurt, j'adorerais revenir et travailler avec eux. J'ai beaucoup de respect pour eux et je les connais tous si bien. Je suis le plus âgé des acteurs.

Vraiment ?
Oui, ils sont tellement plus jeunes que moi sur le plateau.

Mais c'est agréable d'être respecté pour ça sur le plateau. Je peux stabiliser les forces de Masi (Oka), Hayden (Panettiere), Milo (Ventimiglia). Ils sont tous si jeunes et c'est génial de tourner avec eux, de les guider, de se diriger dans une certaine direction et ils écoutent.

Ils écoutent vraiment, mais parfois on doit quand même se rappeler pourquoi on est là.

Vous ne vous sentez pas un peu vieux parmi eux ?
Non, c'est comme si proverbe sur les acteurs à Hollywood : les hommes vieillissent et commencent à ressembler à Sean Connery, les femmes vieillissent et commencent à ressembler à Sean Connery (rires). Je ne m'inquiète pas pour ça.

Cela ne vous dérange pas de partager l'affiche avec autant d'acteurs ?
Ce sont mes amis, je préfère être l'un des personnages que le personnage principal d'une série. Il y a tellement plus d'inquiétudes, d'attentes. J'admire des acteurs comme George Clooney par exemple, mais je l'ai déjà dit, je suis une célébrité mineure et je suis très reconnaissant de faire parti de cette série. C'est une merveilleuse opportunité et la saison 2 sera époustouflante. Mais je ne peux pas vous en parler.

Y aura-t-il plus de sexe dans cette saison ?
Ali (Larter) et moi avons un petit moment tous les deux, mais c'est tout. Hayden (Panettiere) est trop jeune, elle a 17 ans, mais elle va avoir 18 ans en août. Elle va avoir quelques garçons la saison prochaine. Mon conseil pour elle est toujours : « Garde tes sous-vêtements, ne te rase pas la tête et pas de sexe dans un film sauf si c'est pour un Oscar » (rires). J'essaie de la garder sous mon aile.

Le sexe n'est vraiment pas nécessaire à la série.

Hayden Panettiere est pressentie pour représenter la nouvelle génération d'actrice. Comment le vit-elle ?
Elle a la tête sur les épaules. Tout va bien, elle n'est pas coincée par les paparazzis comme Lindsay Lohan ou Britney Spears... Ce sont juste des jeunes qui se retrouvent très riches trop jeunes. En tant que parents, c'est dur de voir ces jeunes parader et faire des bêtises comme boire et conduire. Hayden Panettiere n'est pas comme ça. Elle a de bons parents.

C'est marrant de mettre en place une bonne série, car en général les acteurs veulent se mettre en avant, mais chez nous il n'y a pas ça. Tout le monde a les pieds sur terre.

On vous a vu dans Desperate Housewives cette année. Comment s'est passé le tournage?
Desperate Housewives était... Elles sont toutes des filles sympas... des femmes (rires). J'en connaissais déjà certaines, mais pas Eva Longoria.

Ont-ils créé le personnage pour vous?
C'était un personnage qu'ils avaient déjà écrit et ils m'ont demandé de le faire. Ce que je voulais faire - et malheureusement ils l'ont coupé au montage - c'était une longue scène de tango entre Eva Longoria et moi avec cinq pages de dialogue. J'ai pris deux semaines de cours de tango et j'ai dû apprendre toutes les figures, vous savez, c'était génial et ils ont finalement dit que c'était trop bien... donc ils ont réécrit la scène avec nous deux simplement assis à notre table. Après deux semaines de répétitions, nous avons tourné la scène. Marc Cherry pensait qu'elle était trop gentillette ("candy" en VO), mais nous y sommes allés à fond. On s'est bien amusés mais malheureusement ils ont changé d'avis. C'était pour cette scène que j'avais accepté le rôle pourtant, pour la scène de tango avec Eva.

Pendant combien de temps pourra-t-on voir la série Heroes sur nos écrans?
C'est impossible de savoir cela. Je ne pense pas que ce soit correct pour les fans de se battre pour gagner en audience. Mais si la série continue à évoluer, à se réinventer, il faudra peut-être un nouveau casting d'acteurs, mais le public veut-il un nouveau casting ? Combien de fois pourrions nous recommencer ? Combien de fois pourrions nous sauver la pompom girl ? Si vous pouvez me le dire, ce serait bien. Mais je n'en ai aucune idée. Qui va mourir ? Qui va vivre ?

Pour vous, qu'est-ce qu'une bonne série ?
Une bonne série, c'est une série qui respecte les téléspectateurs. Je ne suis pas un adepte dans tout ce qui est télé-réalité, les jeux télé qui existent depuis longtemps ont commencé dans les années 50 et 60.

Une bonne série, c'est une série qui arrive à convaincre et à respecter le public. Je pense qu'il y a beaucoup de bonnes séries et beaucoup de gens ne leur rendent pas assez de mérite. Mais il y a aussi du mauvais… manger des insectes pour de l'argent, enfin…

Désormais il existe la télé à la demande, je ne sais pas comment mais la télé va changer radicalement.

Le casting est assez international. Ce n'est pas habituel ?
C'est génial, c'est la meilleure partie de cette série. Le monde entier est presque représenté. Dans quelle série voit-on un employé de bureau japonais, un scientifique indien, un hispanique, un russe (qui arrivera bientôt) ? C'est cosmopolite. C'est génial, c'est pas courant.

Le Moyen-Orient n'est pas représenté ?
Non, mais il y a des raisons politiques sensibles. A Hollywood aussi et c'est malheureux mais c'est comme ça. Mais je leur en parlerai…

Est-ce qu'ils vous écoutent ?
Ils nous écoutent quand nous avons des objections dont nous voulons discuter. Ils savent ce qu'ils font, ils les prennent en considération. C'est vraiment génial.


Merci à Adrian Pasdar d'avoir répondu à nos questions et aux organisateurs du festival de Monte-Carlo pour nous avoir permis de participer au festival.

Plus d'information sur la série sur la fiche de Heroes.

Commentaires 

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  1. Par - Le 25/02/2011 à 19h43

    Bonne interwiew

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