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Noël dans les séries

SeriesLive, ses partenaires et Nakayomi, le 24/12/2005 à 00h00

Les fêtes de fin d'année approchent, le chocolat commence déjà à gonfler nos ventres, la neige a déjà recouvert nos paysages... Qu'elle belle période qu'est Noël ! Outre ces chocolats et les cadeaux des proches, il existe également de nombreux autres privilèges comme l'esprit de Noël ou encore le rassemblement familial. Pour cet événement spécial, les séries offrent des épisodes dignes de ce nom qui comblent le téléspectateur. Cette année encore, de nombreuses séries, comme Smallville ou Dead Zone, évoquent Noël à travers un épisode spécial. Cependant, ce dossier co-écrit par les membres du site, certains partenaires et Nakayomi (membre actif du forum) ne va pas s'intéresser à ces nouveaux épisodes, mais bien aux meilleurs d'entre eux, ces épisodes de Noël qui nous ont touchés et dont on se souviendra encore pendant longtemps. Délectez-vous de ce dossier (meilleur à la santé que le chocolat :p) surtout qu'il ne contient aucun spoiler visible !

Commençons le dossier par 3 analyses détaillées :

Le caméléon - Le Premier Noël de Jarod (1-08), par Nakayomi

Dans la série Le Caméléon, dans quelle autre saison un épisode de Noël aurait-il plus sa place que dans la première ? Réponse, sûrement aucune... Mais avant de voir pourquoi et de l´analyser un peu plus en détail, voyons voir quel conte de Noël nous narre cet épisode...

Jarod est à Baltimore et son nouveau métier n´est pas des plus gais qu´il soit puisqu´il est médecin légiste et commence sa mission par (attention, éloignez les âmes sensibles de votre écran d´ordinateur...) le cadavre d´un Père-Noël... Mais là n´est pas le plus important, c´est juste une mise en bouche (avec un humour un peu noir)... En fait, si notre Caméléon se retrouve ici, c´est, comme d´habitude, pour mener une enquête. Celle-ci a pour objet la mort d´un sans-abri nommé Grand-Père Georges (dont le nom en VO "Christmas Georges "est plus significatif) qui a été fauché par une voiture qui ne s´est pas arrêtée lors de Noël, l´année dernière... Ca intéresse d´autant plus Jarod que Grand-Père Georges rendait visite chaque année aux pensionnaires de l´orphelinat Sainte-Catherine et qu´il leur offrait des cadeaux... En plus de cette mission, Jarod va aussi tomber sur le cadavre d´une jeune fille que l´on retrouve sans identité. Toujours fidèle à lui-même, Jarod fera tout pour retrouver sa famille, car il sait que quelque part, quelqu´un a envie de connaître la vérité sur son destin... Enfin, du côté du Centre, Mlle Parker et Sydney s´affairent eux aussi à préparer leur réveillon (chacun de manière bien différente)...

Nous disions donc, mais pourquoi cet épisode a-t-il sa place ici plus qu´ailleurs ? Tout simplement parce que Noël est une période qu´on raccroche aux enfants et que généralement, enfant est significatif d´innocence (du moins, dans la croyance populaire)... Et dans cette première saison, Jarod a beau être un adulte, il découvre le monde extérieur avec un regard (naïf) d´enfant... Et il (re-)découvre les joies (et traditions) de Noël ici : cadeaux, cake et contes (sans oublier les décorations, la neige et tutti quanti)... Pour autant, on remarquera quand même que sa naïveté est moins mise en avant ici que dans certains autres épisodes. Deux tentatives d´explications possibles : d´une part, parce que vu le contexte dans lequel se déroule l´épisode (Jarod est médecin légiste ici, rappelons-le) difficile d´avoir un sourire niais à tout bout de champ (surtout avec les deux principales histoires qui l´occupent) et d´autre part, parce que ça aurait sûrement fait beaucoup trop mièvre avec ce qui peut déjà se passer dans l´épisode...

Pourquoi ça aurait pu avoir un côté mièvre me direz-vous ? Tout simplement parce qu´il s´agit d´un épisode de Noël dans la digne tradition des films/téléfilms/épisodes de Noël, avec bons sentiments et magie de Noël à l´appuie... Sauf qu´ici, c´est Jarod qui joue les Père-Noël et qui apporte sa magie. Tout d´abord en retrouvant l´identité, de la jeune fille sans nom (de l´Adolescente Fugueuse comme le suggère très froidement le Dr Drake, la supérieure de Jarod) et par-là même, la famille (qui du coup n´est plus dans le doute quant à savoir ce qu´elle est devenue et est donc soulagée) ou encore en remplaçant Grand-Père Georges auprès des orphelins de Sainte-Catherine... Mais ce n´est pas tout, puisque la magie de Jarod va aussi toucher ses deux ennemis (dirons-nous pour simplifier les choses) : Mlle Parker, qui reçoit un lapin de sa part (en référence à une vieille rencontre entre eux deux, au Centre, lors d´une semaine de Noël -une très belle scène pour les shippers du couple-) et Sydney, à qui il laisse au chevet de son frère jumeau, un cadeau qu´il lui avait remis en secret par le passé...

Enfin, on remarquera que cet épisode mélange habilement l´un des thèmes centraux de la série avec celui de bien des "contes modernes de Noël" de la télévision (les recherches de papa, maman, fiancé ou autre pour Noël sont plutôt légions) : la famille ... Une famille qui n´est pas toujours significative de liens du sang, comme l´atteste la petite story-line de Mlle Parker dont le père se décommande à la dernière minute mais qui est finalement consolée par le cadeau de Jarod qui pense toujours à elle lors de ce genre d´occasion ou encore comme cette histoire avec les orphelins de Sainte-Catherine.

En conclusion, on peut voir pourquoi cet épisode s´inscrit dans la digne lignée des épisodes de Noël et fait sûrement parti des très bons qui sont consacrés à cette fête : outre la période qui est évidente (la neige, les sapins, les chansons -The Coventry Carol ; Holy Night, Silent Night- et les musiques traditionnelles), il porte en lui l´esprit de Noël (le bonheur, les miracles et... la trêve) -tout en évitant la mièvrerie à plein tube qui peut faire fuir lorsqu´elle est un peu trop présente-. Et oui, car il y a bien trêve de Noël ici : en effet, on remarquera qu´à aucun moment de l´épisode ni Sydney ni Mlle Parker ne tenteront de poursuivre Jarod qui n´aura pas à leur échapper. Tout juste évoqueront-ils le fait de devoir le rattraper... Comme quoi, si vous n´étiez pas encore convaincu que planait l´esprit de Noël sur cet épisode... Je ne peux plus rien faire pour vous...

Malcolm - Chantage de Noël (3-17), par Alexandre (Malcolm France : www.malcolm-france.com). Version imprimable

Dès son apparition sur le petit écran à l'époque, Malcolm se démarquait déjà des autres séries stéréotypées et constituait une véritable rupture avec le genre comique habituel. Dans la série créée par Linwood Boomer, point de rires enregistrés, de décor unique ou d'histoires moralisatrices comme on avait pu en voir. L'american way of life avec ce que cela implique, Linwood n'en voulait pas. Et c'est tant mieux !

On était habitués à voir dans Malcolm des personnages aux caractères bien trempés, aux histoires où une tuile finissait toujours par s'abattre sur quelqu'un, compromettant largement les happy end. Et heureusement pour nous, aucune trêve n'est prévue pendant les fêtes, comme nous allons le voir dans l'épisode qui représente le mieux l'ambiance de Noël dans la famille de Malcolm, l'épisode 3.07 - "Chantage de Noël" (Christmas en VO).

Dans la majorité des séries télévisées, Noël est représenté comme une fête fondamentale, souvent exagérément religieuse, où toute la famille unie se retrouve autour d'un grand sapin, célébrant l'amitié, la fraternité, le pardon, et tout plein d'autres bons sentiments qui rendent au final la scène trop peu crédible. Dans Malcolm, rien de tout ça ! Les enfants restent toujours aussi insupportables, la mère toujours aussi tyrannique, le père toujours aussi rêveur... Pourtant, l'épisode commence presque comme une série "normale". Sur un fond musical carillonnant, le père de famille Hal, habillé en circonstance, guide ses enfants qui placent le sapin de Noël prêt à être décoré. L'image parfaite d'une famille américaine unie.

Parfaite ? Raté ! Quelques secondes plus tard, Lois prive son grand fils Francis, exilé en Alaska après son émancipation, du réveillon familial, et l'envoie passer Noël chez son horrible grand-mère par téléphone interposé. Pas de place pour les bons sentiments, cela constitue un excellent moyen d'éviter d'avoir à supporter sa compagnie ! La vieille dame vit désormais seule puisqu'on vient d'apprendre que le grand-père était décédé. Encore un détail spécifique à Malcolm : n'importe quelle série télé aurait annoncé la mort du grand-père au jour le jour. Ici, elle nous et annoncée dans une conversation téléphonique, des mois après !

L'image traditionnelle de la représentation de Noël va très rapidement voler en éclats. Comme dans pratiquement tous les épisodes, un simple détail donne aux trois garçons une idée de bêtise inédite à faire. Dans cet épisode, une simple querelle de cadeau révèle ainsi le potentiel comique du lancé de boules de Noël à travers tout le salon, transformé pour l'occasion en véritable champ de bataille. Il faut dire que Malcolm, Reese et Dewey sont passés maîtres dans l'art du complot en matière de bêtises. Avec trois caractères aussi bien trempés que le surdoué futé, l'imbécile querelleur, et le petit dernier pourri gâté et faussement naïf, il est facile d'allier les forces. Car on constate bien que si les parents font des efforts pour ressembler un tant soi peu à une famille comme tout le monde, ce sont souvent les enfants qui sèment la zizanie. Dans un flash-back, on peut ainsi voir des petites scénettes représentant divers Noël en famille : l'agression de Hal transformé en Père Noël par les terreurs en culotte courte, un sapin en flammes, ou encore un salon recouvert de fausse neige... Ça tient pratiquement du record ! Quoi qu'il en soit, Lois, fidèle à son autorité légendaire, prend une mesure radicale : elle "prend Noël en otage", et confisque tous les cadeaux et décorations. Finis donc l'ambiance et l'esprit de Noël, sous les mines déconfites des trois garçons, mais aussi du père de famille, Hal, qui a conservé son âme d'enfant et souffre de ne pas pouvoir célébrer cette fête. Il suffit de le voir porter ses bonnets de Père Noël et ses sweet-shirts aux motifs de bonhomme de neige ou de rêne clignotant pour prouver son attachement à cette fête familiale et à tout ce qu'elle représente.

Pendant ce temps, Francis rend visite comme prévu chez sa grand-mère Ida au Canada. Et comme l'on peut s'en douter, l'ambiance y est aussi froide que la température qu'il y règne ! On est à des années lumières du schéma traditionnel d'une fête de Noël dans une série télé. La vieille dame acariâtre déteste l'atmosphère de Noël. Elle ne supporte pas la carte musicale que son petit fils lui a donnée, et va même jusqu'à préparer des gâteaux pour les jeter sur des jeunes chanteurs de rue. "Qu'est-ce que tu attends pour nous faire à tous le plaisir de crever !" gémit même Francis après une dispute violente avec elle. Mais au-delà de son penchant atrabilaire, on découvre sous les yeux de Francis une femme seule et isolée, désespérément amoureuse de son mari défunt, marquée par les années noires de son enfance, et s'abandonnant à l'alcool dans une maison de plus en plus laissée à l'abandon. Néanmoins, comme toujours dans Malcolm, l'émotion et le comique se côtoient continuellement. Cette scène assez poignante pour Francis est en effet vite remplacée quand il découvre au fond d'un placard une multitude de cadeaux achetés par Ida et jamais donnés à leurs destinataires. Francis - et par la même occasion le spectateur - se rend compte finalement que la grand-mère Ida ignore même jusqu'à la signification d'un cadeau de Noël. Comme le lui rappelle en vain Francis, "C'est pas une récompense un cadeau ; si on offre un cadeau à une personne, c'est parce qu'on l'aime. On ne décide pas de le garder juste pour un mot plus haut que l'autre."

De leur côté, temporairement privés de Noël, les enfants se montrent exemplaires devant leur mère. Une situation inédite pour eux, qui n'ont pas l'habitude de se cirer les pompes, et plutôt laborieuse. Les nerfs ne tardent pas à lâcher, malgré l'aide indirecte de leur père qui cherche à amadouer sa femme, décidément unique chef de la maisonnée, pour retrouver son Noël.

Malcolm réalise que la punition de leur mère pourrait constituer un point de non-retour, et qu'elle utiliserait ce stratagème extrême pour arriver à ses fins à l'avenir. L'esprit vindicatif de Malcolm va l'amener à se transformer en meneur de troupe et va inciter les enfants à commettre l'irréparable : entrer par effraction dans le garage et déballer les cadeaux.

Privation de Noël, vengeance des enfants, au-delà de ces actes extrêmes menés par une famille vraisemblablement dysfonctionnelle, on voit bien que les parents sont débordés par les situations incontrôlables que causent leurs enfants, et qu'ils agissent en le plus souvent en désespoir, consternés devant les nouvelles bêtises de leurs progénitures. De leur côté, les enfants voient en la moindre autorité de leur parents une attaque personnelle à laquelle il faut impérativement répliquer pour reprendre avoir le dessus.

Derrière les apparences, la famille de Malcolm est donc loin d'être insensible aux sentiments des autres. On voit ainsi que Lois s'en veut terriblement d'avoir privé ses enfants de Noël, se qualifiant elle-même de "monstre". Malcolm, Reese, et Dewey, quant à eux, prennent conscience de l'intérêt que leurs parents leur porte, en réalisant qu'ils ont acheté absolument tout ce qu'ils avaient commandé. "Maman a vraiment fait un effort. Tout ce qu'elle voulait, c'était nous faire plaisir, et on a tout gâché", déclare d'ailleurs Malcolm, rongé par le remords. "Tu te rappelles comme on était heureux il y a deux minutes ? Est-ce que ça reviendra ?" s'inquiète à ce sujet le petit Dewey, qui expérimente lui aussi ce nouveau sentiment.

Chacun de leur côté, la famille va donc tenter de réparer leurs excès. Lois lève le blocus et veut même fêter Noël en avance en allant chercher les cadeaux dans le garage avec Hal, pendant que les enfants y essaient tant bien que mal de raccommoder les paquets cadeaux. Le couple constate ainsi l'énormité du chantier de démolition mis en place par les enfants dans le garage, agrémenté pour l'occasion d'un graffiti représentant une Lois dépitant le Père Noël et déblatérant "Meurs, gros tas !", comme pour exorciser le "mal" que leur mère leur a fait. Lois comprend alors que la punition qu'elle avait mise en place n'a rien arrangé, et qu'il est inutile de châtier une nouvelle fois ses enfants. Se sentant visiblement vraiment coupable, elle choisit de feindre la surprise : "Hal, en voilà une surprise... Tu aurais dû me dire que tu avais réveillé les garçons pour nous aider à rapporter toutes ces choses à la maison, chéri..."

Alors, devant la tradition de Noël qui nous pend tous au nez, on pardonne, on oublie, et surtout, on joue le jeu, comme pour perpétrer la représentation idéale de Noël présente dans l'esprit de chacun. Autour du sapin de Noël, on voit donc Hal, bonnet rouge sur la tête, distribuer des cadeaux dénués de tout papier, devant ses enfants ravis qui jouent la surprise. "C'est le meilleur de tous les Noëls qu'on ait jamais connus. La conspiration du mensonge on aurait dû essayer avant !" Et si c'était vraiment ça, l'esprit de Noël ?

Répliques cultes :

Lois : Tu n'as qu'à passer deux jours avec elle, c'est quand même ta grand-mère ! Tu passes Noël avec elle et puis tu repars.
Francis : Je n'irai pas chez elle, je suis pas fou ! Elle est diabolique et elle me hait.

Lois : Francis, il s'agit de la famille... C'est son premier Noël depuis la mort de Papa et c'est toi le plus près. Qu'est-ce que tu peux être égoïste !
Francis : Ben, et toi, tu l'as invitée dernièrement ?
Lois : (silence) Elle est toujours la bienvenue.
Francis : Je sais, je passe la prendre, et on vient ensemble pour les fêtes ! Super !
Lois : Laisse tomber ce genre de menaces tu veux ? Notre conversation est terminée !

(Ida ouvre une carte musicale offerte par Francis)
Ida : Je suis sûre que tu l'as fait exprès ! Tu veux me tuer ?
Francis : Quoi ? T'aimes pas les chants de Noël ?
Ida : On dirait les chants que chantaient les soldats quand ils surgissaient dans nos villages et jetaient nos bébés sur le bûcher.
Francis : Ils chantaient "Vive le vent", t'es sûre ?
Ida : Je sais encore ce que je dis, morveux !
[...]
Francis : Où est mon lit ?
Ida : T'es assis dessus.
Francis : Ah, il se transforme en lit ?
Ida : Bien sûr qu'il se transforme en lit. C'est un canapé très spécial, il est enchanté. Il s'ouvre tout seul pour les petits garçons paresseux, et ensuite de jolis petits anges viendront d'embrasser et te bercer jusqu'à ce que tu t'endormes, et ils tournoieront dans la pièce, et ils exauceront les voeux de tous les imbéciles...
Francis : Bon, ça va, j'ai compris, il ne s'ouvre pas !

Ida : Sales mendiants allez-vous en ! Y'a des vieilles personnes qui essaient de dormir ! Dégagez vous et votre musique idiote ! Vous n'aurez pas le moindre petit sou, allez-vous en !

(Ida pique violemment la jambe de Francis avec une aiguille à tricoter)
Francis : Qu'est-ce que tu attends pour nous faire le plaisir à tous de crever ? Tout ce que tu sais faire, c'est nous traiter comme des chiens ! On aurait dû t'interdire de voir tes petits enfants !
Ida : Ça y est, tu as fini ?
Francis : Oui, j'ai fini, je suis... (Elle appuie sur la plaie) Aaah ! Non !
Ida : Oh, je suis vraiment désolée, oh... J'aurai dû souffler sur tes bobos, et puis te mettre du rouge. Le soir, j'aurai dû aller te border et puis te raconter des histoires, et puis te faire de gros gâteaux au chocolat, et puis te tricoter de bons gros pull-overs, et aussi te bercer, te chanter des chansons et te dire combien j'adorais tes couches remplies de crotte !
Francis : Pourquoi tu m'achèves pas à grands coups de manche à balai tant qu'on y est ?
Ida : Juste après ma série préférée...

Lois : (Pleurant) Je suis une mère monstrueuse, jamais j'aurai dû avoir d'enfants !
Hal : Voyons chérie...
Lois : J'ai gâché le Noël de mes enfants...
Hal : Mais enfin, jamais je n'aurai cru que les garçons étaient capables d'être aussi sages. C'était bien ce que tu voulais non ?
Lois : Oui mais pas comme ça, quelle horreur ! Dès l'instant où j'ai commencé à leur prendre leurs cadeaux, j'aurai voulu pouvoir revenir en arrière et puis tout leur rendre, je suis un monstre, c'est tout !
Hal : Oh, mais non tu n'es pas un monstre...
Lois : Si c'est vrai je suis un montre !
Hal : Non, tu n'es pas un monstre !
Lois : Puisque je te dis que je suis un montre, je le sais, non ?

Newport Beach - C´est la fête ! (1-13), par McFly et Seth2Cohen (OC Attitude : www.ocattitude.com)

Chaque année, à une semaine environ du nouvel an, la tradition veut que nous fêtions la naissance du petit Jésus (en même temps, chacun fait ce qui lui plaît) mais elle veut aussi (elle est très exigeante la tradition) que The O.C, ou devrais-je dire, Newport Beach, nous concocte un épisode célébrant Noël aux petits oignons (lesquels se marient très bien avec la dinde... promis, on arrête les commentaires entre parenthèses... au moins jusqu´à la fin du paragraphe). Dans C´est la fête ! (The Best Chrismukkah Ever, 1.13), tout le monde se retrouve au réveillon de la Newport Group, dans la saison 2, Le miracle de Noëlukkah (The Chrismukkah That Almost Wasn´t, 2.06), la famille Cohen est déchirée par la révélation d´un secret bien gardé, enfin, dans The Chrismukkah Bar Mitz-vahkkah (3.10), diffusé il y a quelques jours sur la FOX (attention la phrase se finit par un spoiler, surlignez pour le lire), Ryan se convertit plus ou moins au judaïsme afin d´aider un ami. Comme vous pouvez le remarquer, tous ces épisodes évoquant Noël partagent un point commun au niveau de leur titre original : Chrismukkah (on dit Noëlukkah en VF mais nous on aime moins). Mais qu´est-ce que c´est « Chrismukkah » ? Pour répondre à cette question, rien de tel que de se pencher sur l´épisode C´est la fête ! (1.13) qui est assurément le meilleur de tous.

Chrismukkah ! Rien que l´énonciation de ce mot fait briller les yeux de son géniteur, j´ai nommé Seth Cohen (Adam Brody). Mais qu´est-ce que c´est, bon sang de bonsoir ? Allez, ne tournons pas autour du pot plus longtemps. Ryan (Ben McKenzie) vit son premier Noël chez les Cohen et comme nous, il ignore ce qu´est Chrismukkah, mais Seth va tôt faire de le mettre au parfum : son père, Sandy (Peter Gallagher), est juif, et sa mère, Kirsten (Kelly Rowan) est chrétienne. Fêtent-ils Noël ? Fêtent-ils Hannukah ? Cruel dilemme en perspective... Pas pour Seth qui se réjouit d´avoir créé une super-fête de plusieurs jours rassemblant le meilleur du christianisme et du judaïsme, où les guirlandes croisent les menoras : Chrismukkah ! Mais l´enthousiasme de Seth n´atteint pas Ryan pour qui les fêtes ont toujours rimé jusque là à une mère ivre et une bonne raclée. Sandy et Kirsten, tout en décorant le sapin, lui promettent que ce sera différent désormais et Seth entend bien le convertir à la magie de Chrismukkah.

Malheureusement, l´ambiance festive en prend vite un coup. Caleb (Alan Dale) ne lâche rien dans le procès l´opposant à Sandy concernant l´affaire des hauteurs de Balboa. De son côté, incapable de choisir entre Anna (Samaire Armstrong) et Summer (Rachel Bilson), Seth invite les deux filles à la grande soirée de Noël organisée par Julie (Melinda Clarke) et court à la catastrophe. Enfin, Marissa (Mischa Barton), épaulée par Ryan, déprime de plus en plus depuis la séparation de ses parents. Nous nous concentrerons principalement sur cette dernière intrigue qui possède les ressorts dramatiques les plus développés.

Depuis la séparation de ses parents, Julie et Jimmy Cooper (Tate Donovan), Marissa broie du noir et ne veut pas fêter Noël à la grande stupéfaction de son père qui se demande si elle ne renferme pas le Grinch en elle ! C´est bien connu, les fêtes de fin d´année déclenchent souvent des débuts de dépression chez les personnes minées par les soucis. Marissa accompagne Ryan pour faire les courses mais ils reviennent bredouille, ce dernier n´a pas les moyens de s´acheter une belle montre de bijoutier. Bredouille ? Pas tout à fait, un agent de sécurité intercepte Marissa dans le parking et retrouve cette fameuse montre dans son sac à main ! Devant les têtes ébahies de ses parents, la jeune fille n´a pas d´explication à leur fournir. Elle voulait sans doute faire plaisir à son petit ami pour se faire plaisir elle-même et oublier ses malheurs. Raté ! Ses parents veulent qu´elle suive une thérapie. Inutile de dire qu´elle n´est pas d´accord car elle estime que c´est plutôt eux qui devraient se faire soigner ! Sacré famille ! Elle pense alors compter sur Ryan pour la soutenir mais il semble plutôt partager l´avis de ses parents. Le mal envahit Marissa qui se remet à boire au cours de la fête. Ryan finit par s´en apercevoir et croit avoir affaire à sa mère. Il la raccompagne chez elle avant qu´elle ne crée un scandale, mais il faut croire que la malédiction de Noël le poursuit : sur la route, la police les arrête pour un contrôle et ils manquent de se faire surprendre, l´agent ayant reçu un appel avant d´avoir pu découvrir que Marissa cachait sa bouteille de vodka entre ses jambes ! Après le départ du flic, Ryan sort de la voiture, lance la bouteille dans les taillis et se défoule sur la portière de la Jeep. La boisson, les larmes, les flics... Les Cohen lui avait promis un Noël différent, Marissa lui a fait revivre le menu traditionnel des Atwood auquel il s´était juré de ne plus goûter. Cette folle soirée fait enfin ouvrir les yeux à Marissa qui accepte de suivre une thérapie. Le lendemain, Ryan raconte à Seth ce qui s´est passé, ce qui justifie une fois de plus pourquoi il déteste Noël. Mais ce dernier n´a pas la même lecture des faits, il réalise alors que Jesus et Moïse se sont battus ensemble pour le tirer de ce mauvais pas et ont accompli le miracle de Chrismukkah !

Chacun aura réglé ses comptes au cours de cette soirée de Noël typique de Newport Beach où se mêlent les gens riches et beaux, revêtus de leurs tenues les plus chics et buvant le meilleur des champagnes qu´on puisse trouver. Seth sort avec ses deux copines et reçoit deux cadeaux : Anna lui offre un comic-book fait maison et Summer s´offre à lui déguisée en Wonder Woman (une scène culte de la 1ère saison). Mais chacune des filles découvrent le cadeau de l´autre et met Seth devant le fait accompli : il doit choisir. Sauf qu´il ne choisit personne et souhaite devenir ami avec toutes les deux. De son côté, Sandy force Caleb à conclure un arrangement. La tension finit par retomber quand ce dernier aperçoit les décorations de sa défunte femme accrochées au sapin des Cohen. Enfin, avant d´aller regarder un film avec sa nouvelle famille (La vie est belle ou le bras de fer, chacun son style !), Ryan fait plaisir à Seth en accrochant sur la cheminée la chaussette à son nom qu´il lui a offerte. Et voilà une nouvelle personne convertie à Chrismukkah ! Ryan est encore un peu plus un Cohen mais on peut parier que les troubles vécus avec sa « vraie » famille continueront à le hanter.

C´est la fête ! constitue l´un des meilleurs épisodes de la série. Bénéficiant d´un excellent rythme, pétri d´humour à travers notamment l´intrigue Seth/Anna/Summer et d´éléments plus dramatiques (Ryan/Marissa et l´affaire des hauteurs de Balboa), il vous fait tomber amoureux de Chrismukkah grâce au talent indéniable d´Adam Brody. Mais en dehors de cette super-fête survendue par Seth, Noël constitue plus une toile de fond qu´une intrigue à part entière.


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