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SeriesLive vous propose dans le cadre de la chronique En coulisses un dossier complet en six parties sur les séries télévisées. Il s'agit de comprendre qu'est ce qu'une série télévisée, comme elle est écrite, produite et diffusée et enfin connaître son environnement, c'est à dire le paysage audiovisuel américain.
Quatrième partie
La diffusion des séries (2/2)
I) Comment sont diffusés les épisodes sur la saison ?
La diffusion des épisodes s´étale
entre septembre/octobre et mai. Du fait des coûts de production de chaque
épisode, les networks américains ne peuvent pas diffuser chaque semaine un
épisode inédit (chaque saison d´une série n´étant composé que de 24 épisodes environ
d´épisodes de la saison (souvent des épisodes marquants pour s´assurer une
audience correcte).
Hors saison, durant les mois de
juin et juillet, les networks rediffusent des programmes et diffusent parfois
des programmes originaux. Il existe une exception avec la Fox qui depuis 2004 a décidé de diviser sa
saison en deux parties : une première qui démarre en juin avec le
lancement d´une première vague de séries originales et une deuxième qui démarre
en octobre avec un deuxième lancement de programmes inédits.
Notons qu´il existe aussi une
mi-saison qui démarre en janvier. Tous les networks américains annoncent en fin
d´année la grille de programmation de la mi-saison. Durant celle-ci, de
nouveaux programmes apparaissent tandis que les programmes qui n´ont pas eu une
audience assez importante sont annulés. Les séries lancées durant cette période
ne comptent alors qu´une première saison de 13 épisodes (étant donné que la
mi-saison s´arrête en mai). Il arrive aussi que certaines saisons de séries ne
démarrent que durant cette période pour des raisons exceptionnelles. Par
exemple, la Fox a décidé depuis maintenant deux ans de ne diffuser 24 heures chrono que durant cette
période afin d´assurer une diffusion continue de la saison dans son intégralité
entre janvier et mai.
Enfin, il convient de signaler
que durant chaque saison deux cérémonies récompensant les fictions télévisées
ont lieu : les Golden Globe en janvier (qui sont remises par l´association
de presse étrangère à Hollywood et qui récompensent aussi les fictions
cinématographiques) et les Emmy Awards en septembre (qui sont remises par
l'Academy of Television Arts and Sciences, association de professionnels).
II) L'arbitrage par les audiences
Les séries sont soumises à la loi
de l´audience tout au long de leur diffusion. Les chiffres sont impitoyables et
de nombreuses séries sont chaque année annulées à cause de mauvaises audiences.
Un indicateur: le Nielsen Ratings
Lorsqu´on se réfère aux audiences
aux Etats-Unis, on fait référence aux audiences calculées par l´indicateur
Nielsen Ratings, un système mis en place par Nielsen Media Research. Cet
indicateur, développé par Arthur Nielsen dans les années 1960, mesure le nombre
de téléspectateurs uniques ou de ménages devant un programme de télévision à une
heure particulière durant la semaine.
Il se présente de la façon
suivante : Nombre de foyers/PDM (Part de marché), le nombre de foyers
correspondant au % de foyers possédant un téléviseur qui ont regardé l´émission
et la PDM (Part de marché) correspondant au % de foyers qui ont regardé la
télévision et qui ont regardé l´émission.
Notons que pour la saison
2005-06, Nielsen Media Research a estimé à 110,2 millions le nombre de foyers
aux Etats-Unis possédant une télévision. On note donc que 1% correspond à
1 102 000 foyers. Cela nous permet de connaître le nombre de
téléspectateurs (de plus de 2 ans) pour chaque programme.
Un exemple : Experts a eu
une audience de 16,9/25,0 à 9 heures du soir sur CBS. Cela signifie que 16,9% des ménages américains (possédant une télévision) ont regardé l'épisode des Experts et que 25% des ménages américains regardant la télévision ont regardé l'épisode en question. Notons qu'il est impossible de connaître le nombre de téléspectateurs uniques avec ces données.
Une période cruciale dans l'année: les sweeps
Cet
indicateur a une valeur particulière lors des périodes appelées les
« Sweeps », qui ont lieu chaque année en février, en mai, en juillet
et en novembre. Durant ces mois, l´indicateur mesure l´audience dans des
régions localisées des Etats-Unis qui ne sont habituellement pas prises en
compte par l´indicateur.
Cela se nomme les Sweeps du fait
de la façon dont les données sont collectées par Nielsen Media. En effet,
l´institut commence par collecter les données à l´Est du pays pour ensuite
balayer (qui se traduit par « to sweep » en anglais) le reste des
Etats américains.
Les networks américains font des
efforts très importants durant ces périodes pour attirer les téléspectateurs
car c´est à ce moment que les annonceurs publicitaires scrutent les audiences
afin de voir quelles sont les cases horaires qui leur sont le plus profitable
afin d´annoncer (l´audience des 18-49 ans, la cible la plus recherchée par les
annonceurs, est particulièrement observée). De ce fait, les networks diffusent
des épisodes de séries avec des guest-stars (on pense à Julia Roberts dans
Friends par exemple) ou une durée plus longue que d´habitude (un double épisode
de 60 minutes par exemple). Les épisodes proposés contiennent aussi des scènes
plus choquantes, plus violentes, plus controversées. De ce fait, les Sweeps
sont parfois critiqués car ces périodes ne sont pas représentatives des
programmes diffusés habituellement par les chaînes et car ils poussent les
networks à diffuser des programmes plus violents ou plus choquants.
Conséquences des audiences sur les séries
La décision
de l´arrêt d´une série est totalement tributaire de son audience. Ainsi, si
l´audience d´une série diminue, ses tarifications publicitaires seront en
baisse et de ce fait, la série sera moins rentable pour le network. Les
conséquences pour la série peuvent être :
- son annulation directe (avec parfois l´arrêt de sa
diffusion immédiatement si les audiences sont catastrophiques, car cela a aussi
un impact sur le programme qui sera diffusé après la série).
- la baisse du nombre d´épisodes commandés.
- l´arrêt de la série à la fin de la saison télévisuelle
en cours.
Notons
qu´il arrive parfois que des séries soient arrêtées par simple décision des producteurs
(ou du créateur) en accord avec le network (une fois le contrat à terme) et les
acteurs. Ainsi, certaines séries, comme The
Cosby Show dans les années 1980 ou Seinfeld
dans les années 1990 se sont arrêtées en plein succès. De ce fait, le
dernier épisode de ces séries a été un véritable évènement (le « series
final »). Le record est détenu par la sitcom Cheers dont le dernier épisode a été suivi par 80,3 millions de
téléspectateurs en 1993, suivi de près par le final de Seinfeld, vu par 76,2 millions d´américains en 1996.
III) Censure et luttes d'influences aux Etats-Unis
De nombreux organismes ou
institutions contrôlent ou influencent le contenu des programmes télévisés aux
Etats-Unis. Pour mieux comprendre le paysage audiovisuel américain, il est important
de connaître ces acteurs.
Le "Corporate
Media": ces groupes qui agissent sur les chaînes...
NBC, CBS et ABC et la plupart des chaînes câblées américains appartiennent à de
très importants groupes comme General Electric, CBS Corporation et Disney, qui
agissent très certainement sur le contenu des programmes des chaînes. Ce
phénomène est appelé "corporation media", terme utilisé par les
médias plus critiques outre-atlantique. Ces derniers soutiennent notamment le
fait que les programmes de Fox News Channel reflètent le point de vue
conservateur du fait que Rupert Murdoch, qui possède la chaîne, est membre du
parti conservateur, de même que le directeur général de Fox News, Roger Ailes.
La FCC: présentation et critiques
La FCC (Federal Communications Commission) est une agence
gouvernementale indépendante, créée en 1934 par le congrès américain. Elle
est chargée de la régulation de la télévision et de la radio et plus
généralement de l'ensemble des télécommunications aux Etats-Unis. Elle est
dirigée par cinq commissaires (dont un président) qui sont nommés par le
président (puis confirmés par le Sénat) pendant cinq ans. Notons que seuls
trois commissaires peuvent être du même parti politique.
La FCC s'occupe d'allouer les fréquences de
télévision et de radio s'assurant, le système étant libéral, qu'il n'y aucun
monopole. Dés 1981 avec l'arrivée de Reagan à la présidence des Etats-Unis, du
fait de la politique de déréglementations (qui visait à supprimer toutes les
réglementations entravant la concurrence dans le marché), beaucoup des
directives de la FCC ont été retirées (par exemple les quotas de programmes
non-divertissant autrefois imposés aux networks ont été retiré en 1985). Par là
même, la fameuse Fairness Doctrine, qui prônait depuis 1949 le principe
d'impartialité, a été suspendue en 1987. Elle exigeait notamment des diffuseurs
qu´ils consacrent un pourcentage raisonnable du temps d´antenne au débat sur
des questions publiques et qu´ils présentent des points de vue opposés dans le
cas de controverses d´importance publique.
C'est à partir de cette dérèglementation que de nombreuses chaînes sur le câble
et satellite se sont créées et que l'offre s'est vu très largement diversifiée,
permettant dans le même temps la diffusion de programmes
plus subversifs.
Mais dés les années 2000, la FCC est revenue sur le devant de la scène, notamment
avec la controverse du Superbowl en 2004 (l'évènement connu sous le nom du
"Nipplegate" durant lequel Janet Jackson a par inadvertance montré
son sein). Elle a alors mise en place des régulations dites de décense qui
demandent, par exemple, aux chaînes de diffuser les programmes évenementiels en
direct avec un léger différer afin d'éviter tout incident.
Cependant, le pouvoir de censure de la FCC n'a d'effet que sur les ondes
publiques.
- Critiques autour de la FCC
La FCC a été critiquée à de nombreuses reprises et ce, de part et d'autre.
Tout d'abord, de nombreux conservateurs et associations familiales lui ont
reproché de ne pas avoir fait assez de censure, mais bon, sans doute ne
seront-ils jamais satisfaits tant que toute scène présentant quelque violence
ou scène de sexe ne soit supprimée. Pour satisfaire ces personnes, la FCC avait
créé dans les années 1970 la "Family Viewing Hour", une heure durant
laquelle les networks ne devaient présentés que des programmes que les enfants
pouvaient suivre.
D'autre part, la FCC est souvent critiquée pour son irrespect du premier
amendement (qui prône notamment la liberté d'expression, de la presse ou encore
religieuse), du fait de ses actions de censure. Elle a notamment coupé de
nombreux mangas animés japonais. Bien sûr, conformément au premier
amendement, la FCC ne peut pas supprimer les propos indécents des programmes
mais elle peut fixer des limites et indiquer quels sont les discours acceptés ou
non.
La FCC doit donc trouver l'équilibre entre la liberté d'expression, extrêmement
importante aux Etats-Unis, soutenue par le gouvernement qui a d'ailleurs
encouragé la dérèglementation, et la pression
des conservateurs et des nombreuses associations américains qui
veulent que la commission garde un très large contrôle sur les contenus des
networks.
Les lobbys, acteurs majeurs
aux Etats-Unis
Notons en avant-propos que le terme lobby est anglais et désigne un vestibule,
un couloir, et tient son origine dans les discussions politiques qui avaient
lieu à la chambre des communes britannique dés le XIXè siècle entre les MP (les
membres du parlement) et les groupes de pression. Le lobbying désigne donc
l'activité des lobbys, qui sont des groupes de pression, qui consiste à
influencer les pouvoirs publics dans le sens de leurs intérêts.
Alors qu'en France, ce terme a une conotation péjorative, aux Etats-Unis, les
lobbys sont considérés comme des acteurs très importants de la vie politique.
Cela s'explique par la conception pluraliste de l'Etat outre-atlantique qui
tient ses origines dans la fondation même du pays (avec le pluralisme des pères
fondateurs). Madison, quatrième président des Etats-Unis et fondateur de la
revue Le pluralisme a démontré cette
conception, selon laquelle le gouvernement repose très largement sur
des groupes qui s'auto-régulent par un système de "checks and
balance" (l'ascension d'un groupe est contrebalancée par la lutte d'un
autre). Cette lutte d'influence permet, selon lui, d'atteindre l'intérêt dit
général.
Ces lobbys vont alors utiliser différents moyens de pression afin de peser sur
le gouvernement et ainsi de faire valoir leurs intérêts: actions médiatiques,
dons aux campagnes électorales ou achat de voix des membres... Bien sûr, de
nombreux tentatives de régulation s'attachent à limiter les nombreuses dérives
(le Lobbying Disclosure Act de 1995
a par exemple établit plusieurs règles de transparence)
mais il est bien difficile de contrôler des groupes qui, selon les
chiffres du gouvernement, sont près de 35 000 en 2005 et qui ont dépensé
pour leurs causes plus de 2 milliards de dollars en 2004.
Le lobbying se présente aussi sous la forme de "think tank"
(littéralement "réservoirs de pensée"), des cercles de réflexion,
regroupant des personnes qui émettent des idées dans le domaine des sciences
sociales. Indépendants et voulant exprimer l'opinion public, les think tank
défendent des idées variées comme la liberté de la religion ou de l'éthique. Du
moins, cette apparence cache bien souvent des groupes financés par des grands
groupes qui ne veulent que peser en politique.
Parmi les plus célèbres lobbys, on peut citer la NRA (National Rifle
Association) qui milite en faveur des armes.
Les associations américaines
Outre les lobbys, de nombreuses associations américaines ont une très large
influence aux Etats-Unis. Parmi celles-ci, on peut citer le Parents Television
Council (le conseil parental à la télévision), une association très
conservatrice créée en 1995 par L. Brent Bozell III. Celle-ci évalue les
programmes télévisés américains et donne à chaque programme une indication via
un système de couleurs (soit rouge, soit jaune, soit vert) selon quatre axes:
le sexe, la violence, les blasphèmes et l'intérêt général. Cette association
soutenue par de nombreux américains lance des pétitions contre des programmes
dont elle juge le contenu trop violent ou sexuellement explicité. Etant donné
les fonds importants qu'elle lève, elle lance aussi des campagnes médiatiques
contre les programmes qu'elle considère comme particulièrement
"dangereux". Ce fut notamment le cas de Nip/Tuck qui a subi les
foudres de l'association à de nombreuses reprises pour son contenu dit
"incroyable" et notamment ses scènes de "sexe à trois".
Au cours des deux dernières parties du dossier, nous avons vu comment les séries étaient diffusées et dans quel environnement elles évoluaient - en insistant sur l'importance des audiences et des différents groupes ou institutions influant sur la diffusion des séries.
Dans la cinquième partie de ce dossier sur les séries télévisées, nous évoquerons l'acquisition des séries télévisées en France par les chaînes.
Si vous avez des remarques sur ce dossier, n'hésitez pas à nous en faire part sur les forums.
par M. Viot
Publié le 22/04/2006 à 00h00
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Diffusée depuis septembre 2002 aux Etats-Unis sur CBS, FBI : Portés Disparus (Without a Trace en VO) est une série policière à succès où l'on suit les enquêtes de Jack Malone (Anthony LaPaglia) et son équipe pour tenter de retrouver des personnes disparus. A suivre sur France 2.



















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