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Lesbiennes made in LA

Serieslive, le 07/06/2005 à 00h00

Après le black, le latino, l´homosexuel masculin, il est aujourd´hui de bon ton d´avoir un personnage lesbien dans sa série. De « Friends » à la fin des années 90 (Carol et Susan) à « Buffy contre les vampires » (Willow, Tara, Kennedy) en passant par « Urgences » (Kerry Weaver) et « Ellen », les lesbiennes sont considérées moins comme des personnages intéressants (à l´exception de Willow) sur le long terme que comme le protagoniste à quota indispensable à un show qui se veut représentatif de la société.
Plus stéréotypes que véritables icônes, il faudra attendre le « Queer as folk » américain de Showtime pour observer de `vraies lesbiennes´ ayant une `vraie vie de famille´. Lindsay et Mélanie représentent au début de la série tout du moins le couple le plus stable parmi une faune de mâles davantage en quête de plans culs que d´amour toujours.



Qui sont-elles ?

Et c´est une fois de plus à la chaîne du câble que l´on doit le premier show véritablement lesbien, « The L Word » ou les vicissitudes d´une bande de copines lesbiennes, bis, voire même hétéros que la créatrice Ilene Chaiken souhaite en prise directe avec la vie réelle et notamment sa propre histoire. La copie de travail se nomme « Earthlings » et l´équipe de production s´organise autour des scénaristes Rose Troche et Guineverer Turner, elles aussi lesbiennes affirmées.
Coté casting, l´atout majeur du projet n´est autre que Jennifer Beals, icône des années 80 depuis le film « Flashdance » et sa façon bien à elle d´enlever son soutien-gorge (scène culte). On avance aussi le nom de Pam Grier, remise au goût du jour par Tarantino dans « Jackie Brown » et qui fut dans les années 70 l´incarnation du film de blaxploitation. Mia Kirschner (« Wolf Lake », « 24 »), Katherine Moenning (« Young Americans ») et Laurel Holloman (« Justine dans la saison 4 d´Angel ») ne sont pas non plus des inconnues pour les fans du petit écran. Ne vous étonnez pas non plus de trouver Scott Bairstow (« Harsh Realm - Le Royaume ») sur quelques photos promotionnelles : il fut engagé puis finalement remplacé par Eric Mabius pour le rôle du seul homme du groupe, Tim.
Les trois dernières recrues de « The L Word » sont sans doute les moins connues au départ mais peut être les plus appréciées au final : Leisha Hailey, la seule lesbienne proclamée de toutes les actrices, est pourtant celle qui incarne la bisexuelle du groupe, la drôlissime Erin Daniels (aperçue dans « Boomtown ») et enfin la sublime Karina Lombard (la femme de Brad Pitt dans « Légendes d´automne »).

Sexe, songes et idéaux

Les associations lesbiennes reprocheront avant tout à la série son irréalisme arguant que dans la « vie de tous les jours les lesbiennes ne sont pas toutes des canons de beauté » et notamment à Los Angeles (sympa pour elles !). Il est vrai qu´a contrario de « Queer as folk » qui se passe à Pittsburg, la série a choisi de faire vivre ses personnages dans la cité des Anges d´où déjà un petit coté too much et superficiel qui peut rebuter certains à la vision du pilote. Il faut pourtant réussir à dépasser ce stade (oui, elles sont belles, sont riches pour la plupart, ont de belles maisons) pour s´attacher comme il se doit à ses trentenaires pas si différentes de nous dans leur quête de l´amour, de la reconnaissance, voire même de la tolérance.
Les premières minutes du pilote jouent la carte de la provoc comme ce sera souvent le cas de cette première saison chic et choc, des images provocatrices pour notre oeil non habitué qui ne le restera pas bien longtemps.



Au cours de ce pilote de 90 minutes, vous saurez tout ce qu´il y a à savoir de nos personnages : Bette (Jennifer Beals) et Tina (Laurel Holloman), qui sont en couple depuis 7 ans, ont décidé depuis peu d´avoir un enfant. Tina le portera, Bette assumant le coté matériel (elle est la brillante directrice d´un musée d´art contemporain) de leur vie à deux. Mais s´il est plus facile à deux lesbiennes d´avoir un enfant que pour deux gays, la recherche d´un donneur viable sera un vrai parcours du combattant. Dans la maison d´à côté, Tim (Eric Mabius), un jeune entraîneur accueille sa petite amie Jenny (Mia Kirschner), une jeune écrivaine semble t-il pleine de talent qui va se découvrir telle qu´elle ne se soupçonnait pas. Lors d´une fête organisée par Bette et Tina pour trouver un donneur, elle va avoir un coup de foudre visuel, intellectuel, physique pour Marina (Karina Lombard), lesbienne sans complexe au regard envoûtant. C´est au Planet, le café que tient Marina que le reste du groupe se retrouve : il y a Shane, jeune électron libre, prototype de la lesbienne Butch (look masculin) qui collectionne les conquêtes et brise les coeurs à la vitesse de l´éclair. Dana est une joueuse de tennis `dans le placard´ moins par choix personnel que pour conserver ses sponsors et sa carrière au grand dam de sa meilleure amie, Alice, une journaliste bisexuelle et grande gueule qui a crée une sorte de 6 degrés de séparation lesbien et dont le grandiloquent résultat trône sur un tableau dans son salon. Et puis, il y a la véritable hétéro du groupe, celle qui fait figure de `maman´ irresponsable aux yeux des autres, Kit, la demi-soeur de Bette, une quadragénaire qui traîne de monumentales casseroles à l´image de son alcoolisme et de ses relations conflictuelles avec son père et son fils.

Guests au rendez-vous.

La première saison (tout comme la seconde d´ailleurs, plus mûre, plus maîtrisée, plus sombre) a su s´attirer de prestigieuses présences dans des rôles pas forcément faciles à tenir pour des actrices. On pense notamment à Rosanna Arquette et à sa liaison torride avec Shane dont beaucoup nous est montrée, feu Ossie Davis qui campe le père de Bette et Kit, Julian Sand en mentor de Jenny, la toujours étonnante Holland Taylor, irrésistible en milliardaire fofolle, la rousse Lolita Davidovich, maîtresse de Marina, Anne Archer en mère cinglée d´Alice.
Toute cette joyeuse bande évolue dans un Los Angeles de carte postale sur fond de tubes de Marianne Faithfull (la géniale « The Pleasure Song ») et Luz Cazal, une luminosité tant visuelle que palpable au travers de répliques vachardes qui ne sont pas sans rappeler les dialogues à 4 voix de « Sex and the City ». Là aussi, il y est question de sexe, d´une ville, pourquoi pas du dernier sac Prada, de l´indispensable épilation, des amours d´un jour ou d´une vie... Comme quoi, avant d´être lesbienne, elles sont avant tout femme. Le reste n´est que question de perspective.

 
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